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Hong Kong: gaz lacrymogènes et cocktails molotov pour une nouvelle journée de heurts

Hong Kong: gaz lacrymogènes et cocktails molotov pour une nouvelle journée de heurts
Des photographes fuient les gaz lacrymogènes tirés par la police, à Hong Kong le 27 octobre 2019Anthony WALLACE

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La police hongkongaise a de nouveau fait usage de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc, dimanche, contre des manifestants pro-démocratie qui ont eu recours de leur côté à des cocktails molotov, lors de heurts de plusieurs heures dans une zone touristique de la ville.

Protestataires et forces de l'ordre ont multiplié les escarmouches, à Tsim Sha Tsui, une zone portuaire comprenant de nombreux complexes commerciaux et hôtels de luxe, comme l'emblématique Peninsula Hotel, dans ce qui est devenu presque un rituel hebdomadaire dans la ville.

L'ex-colonie britannique traverse depuis début juin sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des manifestations et actions presque quotidiennes.

Nombre de manifestants portaient des masques, en dépit de l'interdiction décrétée par l'exécutif de la région semi-autonome. Mais rares étaient ceux qui avaient revêtu l'attirail classique des radicaux comme les casques de chantier et les masques à gaz.

La tension était palpable dès le début de l'après-midi quand la police s'est déployée en très grand nombre dans les rues proches du front de mer où devait débuter une manifestation non autorisée par le gouvernement local.

- 'triades', 'mauvais flics' -

Les policiers se sont mis à fouiller les gens, entraînant des scènes de confrontation au fur et à mesure que la foule grossissait, certains traitant les forces de l'ordre de "triades", les mafias chinoises traditionnelles, ou de "mauvais flics".

Des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc ont été tirés dans trois endroits différents, et les heurts ont contraint la foule à se disperser.

Dans un spectacle désormais récurrent à Hong Kong, des manifestants ont érigé des barricades de fortune pour bloquer la circulation sur certaines artères.

Ils ont notamment dévissé des barrières métalliques pour fermer l'accès de l'"Avenue des Stars", promenade du front de mer à la gloire du cinéma hongkongais.

Quelques groupes de manifestants radicaux se sont heurtés à la police en fin d'après-midi et en début de soirée.

Selon la police, des manifestants ont dégradé des magasins, lancé des cocktails molotov et mis le feu à des entrées de stations de métro.

Des images en direct de chaînes de télévision ont montré deux hommes au moins frappés jusqu'au sang par des petits groupes de protestataires.

Les forces anti-émeutes ont fréquemment fait usage de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc, ainsi que de canons à eau. Il a été procédé à de nombreuses arrestations.

L'exécutif local, qui n'a offert aucune issue à cette crise, a largement laissé à sa police le soin de répondre aux manifestants, entraînant des confrontations de plus en plus fréquentes avec des radicaux qui n'hésitent pas à faire usage de cocktails Molotov, à vandaliser des commerces pro-Pékin, voire à agresser des gens qui ne sont pas d'accord avec eux.

Le secrétaire de Hong Kong aux Affaires financières, Paul Chan, a lancé une mise en garde dimanche sur un blog, assurant que les manifestations pourraient entraîner une croissance négative.

Selon lui, "il apparaît extrêmement difficile d'atteindre un objectif de zéro à 1%" de croissance.

Des figures du mouvement pro-démocratie ont également été la cible d'attaques par des inconnus, sapant la réputation de stabilité et de sécurité de l'ex-colonie britannique.

Ces derniers jours, les manifestations n'ont pas été aussi massives qu'au début du mois. Le mouvement a surtout pris la forme d'actions spontanées qui demeurent quasi quotidiennes.

"On peut avoir le sentiment qu'il y a moins de monde dehors, mais c'est juste que les gens utilisent des méthodes différentes pour soutenir le mouvement", a déclaré un manifestant de 23 ans se faisant appeler Chan.

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