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Hong Kong met en garde Washington contre toute ingérence dans la crise politique

Hong Kong met en garde Washington contre toute ingérence dans la crise politique
La cheffe de l'exécutif de Hong Kong Carrie Lam s'exprime devant la presse le 10 septembre 2019Anthony WALLACE

La cheffe de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam, a mis en garde mardi Washington contre toute ingérence dans sa gestion de la crise qui ébranle l'ex-colonie britannique, où des manifestants pro-démocratie ont exhorté les Etats-Unis à accroître la pression sur Pékin.

L'ex-colonie britannique est depuis trois mois le théâtre d'actions et de manifestations quasi-quotidiennes sans précédent depuis la rétrocession en 1997, un défi inédit pour Pékin et le gouvernement de la région semi-autonome.

Dimanche, une foule compacte s'est rassemblée devant le consulat des États-Unis à Hong Kong afin d'appeler le Congrès américain à adopter un projet de loi exprimant son soutien au mouvement pro-démocratie.

Un tel texte pourrait porter atteinte aux relations commerciales privilégiées entre Hong Kong et les Etats-Unis, en imposant aux autorités hongkongaises des contrôles pour vérifier si elles respectent la loi fondamentale et les libertés uniques de cette région du Sud de la Chine.

Carrie Lam, qui concentre la colère des manifestants, a affirmé mardi, lors d'une conférence de presse, que tout changement dans ses relations économiques avec Washington menacerait leurs "intérêts mutuels".

"Il est extrêmement inapproprié pour un pays de s'ingérer dans les affaires de Hong Kong", a-t-elle déclaré aux journalistes.

"J'espère que plus personne à Hong Kong ne se mobilisera pour demander aux États-Unis d'adopter une telle loi."

Des membres de la classe politique américaine, démocrates comme républicains, ont exprimé leur soutien aux manifestants.

L'administration du président américain Donald Trump, en plein conflit commercial avec les autorités chinoises, a adopté une position plus pragmatique.

Donald Trump a ainsi appelé à une résolution pacifique de la crise politique tout en rappelant qu'il revenait à la Chine de gérer ce conflit.

Washington a rejeté les allégations de Pékin selon lesquelles les Etats-Unis soutiennent les manifestants. De son côté, la Chine a fourni peu de preuves à ce sujet, à l'exception de déclarations de soutien de personnalités politiques américaines.

Les manifestations pro-démocratie ont débuté en juin pour rejeter un projet de loi controversé sur les extraditions vers la Chine. L'annonce surprise la semaine dernière, par Carrie Lam, du retrait définitif de ce projet ne semble pas avoir apaisé la colère des manifestants.

Dimanche, après le rassemblement pacifique devant le consulat des Etats-Unis, les manifestations ont dégénéré.

Dans la soirée, des affrontements se sont produits entre la police et les manifestants les plus radicaux qui ont bloqué des rues, vandalisé des stations de métro et mis le feu à des barricades.

"Les dégâts insensés commis dans les stations de métro montrent que les manifestants ont agi au-delà de l'expression de leurs opinions sur la loi d'extradition et de leurs autres revendications", a-t-elle affirmé.

"L'escalade de la violence ne peut pas résoudre les problèmes auxquels nous sommes confrontés à Hong Kong", a ajouté Carrie Lam.

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