Hong Kong: un militant pro-démocratie autorisé à se présenter à une élection

Hong Kong: un militant pro-démocratie autorisé à se présenter à une élection
Les militants pro-démocratie Edward Yiu (D) et Agnes Chow lors d'une manifestation devant le gouvernement de Hong Kong, le 28 janvier 2018Philip FONG

Un militant pro-démocratie à Hong Kong a obtenu lundi de pouvoir se présenter à une élection partielle, après des protestations sur la manière dont le gouvernement traitait les candidatures avec une pression croissante de Pékin.

La décision d'approuver la candidature d'Edward Yiu est intervenue à quelques heures de l'expiration du délai, deux jours après le refus opposé à une autre militante pro-démocratie Agnes Chow de se porter candidate au motif que son parti soutient l'auto-détermination de Hong Kong.

Des élections législatives partielles sont prévues en mars suite à l'invalidation de six députés d'opposition --dont M. Yuy, devenu avocat depuis-- qui avaient prononcé des discours protestataires en prêtant serment au début de leur mandat en 2016.

Quelque 2.000 personnes s'étaient rassemblées dimanche devant le siège du gouvernement pour protester contre l'inéligibilité imposée à Agnes Chow.

Lundi, M. Yiu a déclaré aux journalistes que l'approbation de sa candidature ne fournissait "absolument pas matière à réjouissance" à la lumière des "mauvaises actions" du gouvernement.

"Je suis vraiment, vraiment, vraiment en colère parce que cela démontre que le gouvernement a manipulé l'intégralité du système, en tentant de contrôler les résultats de l'élection partielle", a-t-il ajouté.

Une trentaine des principaux avocats de Hong Kong ont mis leur poids lundi dans la balance en signant un communiqué commun qualifiant de "déraisonnable, illégale et anticonstitutionnelle" la décision d'interdire à Agnes Chow de se présenter.

M. Yiu a expliqué qu'après avoir présenté sa candidature, il avait dû répondre à une série de questions posées par un responsable électoral notamment sur un voyage à Taïwan pour assister à une conférence politique. La Chine considère Taïwan comme partie intégrante de son territoire dont elle devra un jour reprendre le contrôle.

Pékin se raidit de plus en plus contre ce qu'il perçoit comme des menaces pour sa souveraineté sur le territoire semi-autonome de Hong Kong.

Avec la "Révolte des parapluies", Hong Kong avait en 2014 connu sa plus grave crise politique depuis son retour en 1997 dans le giron de la Chine après 155 ans de présence britannique. Venu célébrer le 20e anniversaire de la rétrocession, le président chinois Xi Jinping avait lancé en juillet 2017 une sévère mise en garde à la mouvance pro-démocratie.

D'après les termes de l'accord sino-britannique sur la rétrocession, Hong Kong jouit de libertés inconnues ailleurs en Chine continentale, en vertu du principe "Un pays, deux systèmes", en théorie jusqu'en 2047. Beaucoup ont cependant le sentiment que ces libertés s'érodent. Depuis l'échec de la "Révolte des parapluies" en 2014, certains militants vont jusqu'à réclamer l'indépendance de Hong Kong.

M. Yiu ne soutient pas l'indépendance. Le parti Demosisto auquel appartient Agnes Chow non plus tout en demandant l'auto-détermination.

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