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Ils peignent avec leurs pieds: leurs cerveaux ont une carte de leurs orteils

Ils peignent avec leurs pieds: leurs cerveaux ont une carte de leurs orteils
L'artiste Tom Yendell, près de sa statue "Paralympic Bus" à Londres le 17 octobre 2014LEON NEAL

Les artistes nés sans bras qui peignent avec leurs pieds ont des zones de leur cerveau consacrées à chacun de leurs orteils, ce qu'on ne retrouve pas chez les personnes ayant des bras, ont rapporté mardi des chercheurs au Royaume-Uni.

Les auteurs de l'étude, de l'Institut des neurosciences cognitives à l'University College de Londres, ont travaillé avec les artistes Tom Yendell et Peter Longstaff, deux des trois grands artistes utilisant leurs pieds dans le pays.

A chaque partie du corps correspond une zone précise dans une région du cerveau appelée le cortex somatosensoriel. Les zones de chaque doigt sont proches les unes des autres, comme l'ont montré les IRM de neuf volontaires avec bras ayant participé à l'étude.

Les chercheurs touchaient chaque doigt des volontaires et voyaient s'illuminer ces zones. En revanche, quand ils touchaient les orteils de ces participants, aucune réaction structurée n'apparaissait dans leurs cerveaux.

La même expérience sur les orteils des deux artistes a montré à l'inverse des zones individuelles pour chaque orteil, correspondant à leur ordre dans le pied: une sorte de carte cérébrale des orteils.

"C'était une expérience amusante à faire, mais elle a des implications sérieuses", dit à l'AFP l'un des auteurs, Daan Wesselink.

Une question se pose en effet: les artistes ont-ils développé ces zones cérébrales spécialisées sur les orteils pour compenser l'absence de mains? Ou bien ces zones existent-elles à la naissance chez tout le monde, et disparaissent-elles faute d'être utilisées?

L'intérêt de ces travaux est d'améliorer les techniques de prothèses robotiques, et leur intégration à la carte cérébrale du corps.

"Que ce soit la main ou l'orteil, ou toute partie corporelle, nous cherchons à mieux comprendre comment le cerveau surmonte divers changements", dit l'auteure principale Harriet Dempsey-Jones. L'idée est d'aider le cerveau à mieux "contrôler chaque doigt d'une prothèse".

Un laboratoire de l'université travaille ainsi sur le développement de doigts supplémentaires ou de paires supplémentaires de bras robotiques, comme des outils.

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