Iran: arrestation du mari d'une avocate des droits de l'Homme

Iran: arrestation du mari d'une avocate des droits de l'Homme
Photo prise le 18 septembre 2013 de l'avocate iranienne Nasrin Sotoudeh avec son marin Reza Khandan à TéhéranBEHROUZ MEHRI

Le mari d'une avocate iranienne des droits de l'Homme détenue depuis la mi-juin a été arrêté et placé en détention à son tour, a indiqué mercredi son avocat à l'AFP.

"Reza Khandan a été arrêté mardi matin à son domicile à Téhéran par des agents du ministère des Renseignements", a indiqué Me Mohammad Moghimi, joint par téléphone.

M. Khandan a été transféré à la prison d'Evin [dans le Nord de Téhéran, NDLR] où un juge l'a inculpé de complot contre la sécurité nationale, propagande contre l’État, et propagande contre le code vestimentaire de la République islamique d'Iran, a ajouté l'avocat.

Cette dernière accusation a été motivée par le fait que des badges avec l'inscription "Non au voile islamique obligatoire" ont été retrouvés au domicile familial, a précisé Me Moghimi.

L'épouse de M. Khandan, Nasrin Sotoudeh, est une célèbre militante des droits de l'Homme en Iran, récompensée en 2012 par la Prix Sakharov pour la liberté de l'esprit décerné par le Parlement européen.

Âgée de 55 ans, Me Sotoudeh a défendu plusieurs femmes arrêtées en décembre et janvier pour avoir enlevé leur foulard en public afin de protester contre l'obligation faite aux femmes de porter le voile dans l'espace public en Iran depuis la révolution islamique de 1979.

Elle a été arrêtée mi-juin, pour purger une peine de prison de six ans après avoir été condamnée par contumace pour espionnage, selon ses avocats, qui ont dénoncé ce verdict comme étant illégal.

Selon Me Moghimi, Me Sotoudeh, qui est menacée d'une nouveau procès pour complot, rassemblement et propagande contre la République islamique, a entamé le 25 août une grève de la faim pour protester contre la pression pesant sur sa famille.

La justice a fixé à 7 milliards de rials iraniens (plus de 42.000 euros au cours actuel) la caution pour la libération de M. Khandan, montant que Me Moghimi a jugé "légalement inacceptable".

Les deux filles des époux Khandan et Sotoudeh, âgée de 18 et 10 ans, étaient à la maison lors de l'arrestation du mari et ont été prises en charge par une tante, a encore indiqué l'avocat.

Se référant entre autres à l'arrestation de M. Khandan, l'organisation de défense des droits de l'Homme américaine Human Rights Watch a publié un communiqué déplorant que les autorités de Téhéran "intensifient leur répression contre les défenseurs des droits de l'Homme" en emprisonnant "des dizaines d'avocats et d'activistes dont le 'crime' est de 'défendre les droits fondamentaux des citoyens'".

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