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Iran : la famille de l'écologiste mort en prison dit avoir été "menacée"

Iran : la famille de l'écologiste mort en prison dit avoir été
Photo du porte-parole du gouvernement iranien Mohammad Bagher Nobakht lors d'une interview avec l'AFP le 15 février 2018 à TéhéranATTA KENARE

La famille de l'écologiste irano-canadien mort en prison à Téhéran a été menacée par les autorités avant son décès, affirme le fils du défunt sur son blog, jugeant que la vidéo de son "suicide" présentée par les autorités n'était pas "concluante".

Kavous Seyed Emami, universitaire de renom et directeur de la Fondation pour la faune persane, avait été arrêté en janvier et était accusé d'espionnage au profit des services de renseignement israélien et américain.

Selon les autorités judiciaires, il s'est suicidé dans sa cellule la semaine dernière.

Le président Hassan Rohani a ordonné une enquête sur les "événements désagréables survenus dans certains centres de détention" et demandé un rapport sur "les éventuels manquements ou fautes", a rapporté l'agence Isna.

"C’est inacceptable qu’un prisonnier se suicide (...) Nous sommes dépositaires des prisonniers qui nous sont confiés et nous devons les protéger", a expliqué à l'AFP le porte-parole du gouvernement, Mohammad Bagher Nobakht, en émettant l'espoir que l'Autorité judiciaire coopère avec les enquêteurs.

Ramin Emami, fils de l'universitaire, a affirmé sur son site internet que sa mère avait été "interrogée et menacée" vendredi pendant trois heures avant d'être informée de la mort de son mari.

Un tribunal local "a convoqué ma mère et on lui a dit de venir pour rencontrer son mari", écrit ce chanteur pop. "Au lieu de cela, ils l'ont interrogée et menacée pendant trois heures avant de lui annoncer la mort de son mari et lui faire signer un papier pour qu'elle ne parle pas aux médias".

Avant cette convocation, la famille avait été menacée de voir l'universitaire maltraité si elle révélait son arrestation, déclare encore M. Emami

Le chanteur a également affirmé avoir visionné la vidéo montrant son père dans sa cellule, et que les autorités présentent comme la preuve de son suicide. Ce document n'a pas été rendu public.

"Je dois dire qu'il n'y a rien de concluant car on ne voit pas dans le film les circonstances du décès", ajoute-t-il. "Tout ce que j'ai pu voir, c'est que mon père était très nerveux. Il arpentait sa cellule de long en large et n'était pas dans un état psychologique normal".

Selon M. Emami, la vidéo montre son père entrer dans une autre pièce que les autorités présentent comme une salle de bains.

- 'Informations classifiées' -

"Sept heures plus tard, son corps est sorti de la pièce. La demande des avocats pour voir la cellule a été rejetée. Nous avons porté plainte" immédiatement, ajoute le chanteur.

Ramin Emami a affirmé qu'il était le seul membre de la famille à avoir pu visionner la vidéo, rejetant les affirmation des autorités judiciaires selon lesquelles son oncle l'a vu et a accepté l'hypothèse du suicide.

Les autorités ont déclaré qu’une autopsie avait été effectuée et qu'il faudrait entre quatre et six semaines pour avoir le rapport, mais le procureur général de Téhéran, Abbas Jafari Dolatabadi, a d'ores et déjà déclaré mercredi que l'autopsie attestait le suicide.

Selon lui, Emami "a vu que l'organe qui avait mené l'enquête disposait de nombreux documents et d’informations et il a décidé de se suicider".

M. Jafari Dolatabadi avait auparavant affirmé que la Fondation pour la faune persane, qui s'occupait notamment d'un programme pour la protection du guépard asiatique, avait été créée "il y a une décennie environ" pour masquer des activités de collecte "d'informations classifiées dans les secteurs de la défense et des missiles" pour la CIA et le Mossad.

L'Iran ne reconnaît pas la double nationalité et refuse aux binationaux la protection consulaire accordée aux ressortissants étrangers.

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