Israël considère "la culture comme de la propagande", selon Amos Gitaï

Israël considère
Le cinéaste israélien Amos Gitaï à la Mostra de Venise le 3 septembre 2018Alberto PIZZOLI
ISRAEL

Le cinéaste israélien Amos Gitaï, a sévèrement critiqué, lundi à Venise, le gouvernement de son pays qui considère que la "culture est de la propagande".

"En Israël, il y a un grand débat avec le ministère de la Culture de ce gouvernement, un très mauvais gouvernement, qui pense que la culture est de la propagande", a déclaré Amos Gitaï en conférence de presse.

"J'ai toujours dit que le meilleur hommage qu'un artiste puisse rendre à son pays est d'être critique", a ajouté Amos Gitaï.

"Je pense que la direction que prend le pays est très problématique. S'ils continuent, ils vont détruire l'idée d'une société ouverte", a-t-il poursuivi.

Le cinéaste de 67 ans est à Venise pour présenter deux de ses films (hors compétition): "A letter from a friend in Gaza" (Lettre d'un ami à Gaza) et "A Tramway in Jerusalem" (Un tramway à Jérusalem).

Le cinéaste a également évoqué "l'antisémitisme européen", estimant qu'il se trouvait "dans l'ADN de la société européenne".

"L'Eglise a élevé des générations à haïr les juifs, ils les ont brûlés, discriminés, humiliés pendant des siècles. Mais les juifs ont surmonté cela, ils sont toujours là et ils ne doivent pas oublier les leçons" du passé, a estimé Amos Gitaï.

"Quand vous voyez aujourd'hui Benyamin Netanyahou (le Premier ministre israélien) serrer la main des pires leaders antisémites européens, quand il permet de tirer sur des manifestants palestiniens sans armes à Gaza, quand il n'utilise que la force, je pense que cela doit être critiqué", a-t-il conclu.

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