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Israël dit avoir récupéré le corps d'un soldat disparu depuis la guerre du Liban de 1982

Israël dit avoir récupéré le corps d'un soldat disparu depuis la guerre du Liban de 1982
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'exprimant lors d'une déclaration télévisée dans son bureau à Jérusalem le 3 avril 2019, sur la récupération par Israël du corps d'un soldat porté diMenahem KAHANA
Syrie, ISRAEL

Israël a annoncé mercredi avoir récupéré, presque 37 ans, après le corps d'un soldat porté disparu depuis la guerre du Liban de 1982, lors d'une opération entourée de la plus grande discrétion.

"L'opération +Chanson douce amère+ a permis d'enfin récupérer le corps de Zachary Baumel et de le ramener en Israël pour l'enterrer convenablement", a dit l'armée israélienne sur Twitter, "Zachary Baumel est enfin rentré, retour doux amer".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a interrompu pour la circonstance sa campagne électorale à cinq jours de législatives décisives.

"Citoyens d'Israël, c'est un des moments les plus émouvants de toutes mes années à la tête du pays", a-t-il dit dans une déclaration télévisée depuis son bureau à Jérusalem.

Le rapatriement de Zachary Baumel "est le fruit d'efforts diplomatiques importants dont on parlera un jour", a-t-il ajouté sans préciser son propos.

Zachary Baumel, commandant de char du 362e bataillon blindé, était porté disparu depuis la bataille de Sultan Yacoub contre l'armée syrienne dans la plaine de la Bekaa près de la frontière syrienne entre le 10 et le 11 juin 1982.

Deux autres soldats, Yehuda Katz, Zvi Feldman, manquent toujours à l'appel depuis.

Ils font partie de la mémoire collective dans un pays coutumier des guerres et où le retour des soldats tombés au combat ou des prisonniers est considéré comme un impératif moral.

L'armée et le Premier ministre ont affirmé leur engagement à ramener tous ceux qui manquent encore à l'appel. Mais ils sont restés silencieux sur ce qui a rendu possible un succès touchant une corde extrêmement sensible en Israël.

Des pays potentiellement impliqués comme le Liban et la Syrie restent techniquement en état de guerre avec Israël.

En revanche, Israël est en contact régulier avec la Russie au sujet de son voisin syrien, où le président Vladimir Poutine soutient le régime de Bachar al-Assad.

Les services de M. Netanyahu ont annoncé mardi que ce dernier rencontrerait M. Poutine jeudi à Moscou, sans aucune indication de la teneur des entretiens.

- Derniers mots -

Lui et l'armée ont souligné l'effort jamais relâché depuis 1982 pour honorer l'obligation d'Israël envers les disparus.

Après le retour de Zachary Baumel, l'unité spécialisée dans ces recherches dénombre quatre soldats dont le sort demeure inconnu: ses camarades de Sultan Yakoub, l'aviateur Ron Arad, capturé lors d'une mission au Liban en 1986, et Guy Hever, disparu sur le Golan en 1997. L'unité recherche des dizaines d'autres soldats officiellement morts.

"Je m'engage à faire tout ce qui est possible, tous les efforts, pour ramener à la maison les autres disparus", a promis M. Netanyahu, citant aussi deux soldats tués lors de la guerre de 2014 à Gaza et l'espion Eli Cohen, pendu en place publique en 1965 en Syrie.

Zachary Baumel, né aux Etats-Unis en novembre 1960, a émigré en Israël en 1970, et est entré dans l'armée.

"Ne t'inquiète pas, tout va bien, mais j'ai l'impression que je ne serai pas rentré avant un moment", a-t-il écrit dans sa dernière carte postale à sa famille.

Son corps a été formellement identifié grâce à son ADN par la médecine légale, a dit à la presse un des porte-parole de l'armée, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus. Certains de ses effets ont été récupérés.

L'armée cherche à savoir s'il a été tué au combat ou en captivité, a-t-il dit.

Les proches de Zachary Baumel et des deux autres soldats disparus ont été informés peu avant l'annonce que le corps était rentré en Israël, sur un vol de la compagnie nationale ElAl, a-t-il précisé.

Sa famille va pouvoir l'enterrer, la loi juive interdisant les funérailles en l'absence de restes mortels.

Le lieutenant-colonel Conricus est resté totalement silencieux sur le parcours de la dépouille, l'implication éventuelle des Russes ou d'éventuels contacts avec les Syriens.

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