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Israël évacue une colonie en Cisjordanie occupée

Israël évacue une colonie en Cisjordanie occupée
Echauffourée lors de l'évacuation par les forces israéliennes de la colonie sauvage de Netiv Haavot en Cisjordanie occupée, au sud de Jérusalem, le 12 juin 2018 Menahem KAHANA
ISRAEL

Les forces israéliennes ont évacué mardi en Cisjordanie occupée des familles de colons d'une implantation déclarée "illégale" au regard du droit israélien.

De telles évacuations sont rares et d'une sensibilité particulière parce que le gouvernement de Benjamin Netanyahu fait la part belle aux avocats de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés, et que la colonisation est considérée par une grande partie de la communauté internationale comme faisant obstacle à la paix entre Israéliens et Palestiniens.

L'évacuation de la colonie de Netiv Haavot, au sud de Jérusalem, s'est déroulée au départ sans que les policiers, désarmés, ne recourent à la force. Mais vers la fin de l'opération, de jeunes colons ont résisté, contraignant les policiers à les extraire de force d'une des maisons, a constaté un journaliste de l'AFP.

Selon la police, des bouteilles et des pierres ont été jetés sur les policiers dont trois ont été légèrement blessés.

La Cour suprême israélienne avait donné en février jusqu'au 15 juin pour évacuer 15 habitations construites selon elle en violation du droit israélien. La Cour avait été saisie par des Palestiniens revendiquant la propriété de ces terres.

Toutes les colonies israéliennes en Cisjordanie sont considérées comme illégales au regard du droit international mais Israël fait une différence entre celles qu'il a officiellement approuvées et les autres.

De larges drapeaux israéliens flottaient sur les toits de Netiv Haavot et environ 2.000 personnes, majoritairement des jeunes, sont venus soutenir les familles de colons, priant, dansant et chantant.

"Nous manifestons pacifiquement, nous respectons la loi et nous n'allons pas recourir à la violence", a dit à l'AFP l'un des colons, Aviad Amitai.

Selon le porte-parole de la police israélienne, Micky Rosenfeld, 500 policiers ont été mobilisés pour l'évacuation.

Le ministre de l'Agriculture, Uri Ariel, lui-même un colon, a comparé les débats devant la Cour suprême aux discussions menées à "Sodome et Gomorrhe". Il a affirmé sur Twitter sa volonté de voir colonisée "toute la terre d'Israël", y compris donc à ses yeux la Cisjordanie.

Le gouvernement Netanyahu, considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël, a récemment approuvé un plan permettant de construire 350 logements, sur des parcelles qui ne font pas partie des terres contestées, non loin des 15 maisons évacuées de Netiv Haavot, sans avoir à le soumettre à la Cour suprême.

Il a aussi décidé d'allouer environ 60 millions de shekels (14 millions d'euros) aux colons dont les habitations seront démolies et aux personnes qui les hébergeront temporairement.

Selon l'ONG anti-colonisation israélienne La Paix maintenant, les Palestiniens revendiquant la propriété des terrains de Netiv Haavot attendent la restitution de leurs terres depuis 2001, date de l'arrivée des colons.

La construction de colonies, qui s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, rogne les territoires sur lesquels les Palestiniens souhaitent créer leur Etat et compromet la continuité territoriale, donc la viabilité d'un tel Etat.

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