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Israël intercepte un second bateau de militants anti-blocus au large de Gaza

Israël intercepte un second bateau de militants anti-blocus au large de Gaza
Un bateau de la marine israélienne manoeuvre dans le port d'Ashdod, le 29 juillet 2018Jack GUEZ
ISRAEL

La marine israélienne a annoncé samedi avoir intercepté un bateau au large de la bande de Gaza, le second en moins d'une semaine avec à son bord des militants dénonçant le blocus imposé par l'Etat hébreu à cette enclave palestinienne depuis plus d'une décennie.

Selon l'armée israélienne, l'embarcation transportant 12 personnes et battant pavillon suédois a été "interceptée conformément à la loi internationale" et acheminée vers le port d'Ashdod, dans le sud d'Israël.

Le bateau baptisé "liberté pour Gaza" a "violé le blocus naval légal imposé à la bande de Gaza", a ajouté l'armée, précisant que les passagers avaient été emmenés pour être interrogés.

Israël, qui a mené trois guerres dans la bande de Gaza contrôlée par les islamistes du Hamas depuis 2008, affirme que le blocus est nécessaire pour empêcher les groupes d'activistes palestiniens de se procurer des armes ou du matériel pouvant être utilisé à des fins militaires.

De leur côté, les organisateurs de la flottille ont affirmé que le bateau transportait du matériel médical et qu'il avait été arraisonné dans les eaux internationales.

Ils ont réclamé dans un communiqué que "le bateau, son équipage et sa cargaison reviennent au port d'attache et qu'ils soient autorisés à naviguer pacifiquement à travers les eaux internationales et palestiniennes, conformément à la loi internationale".

La seule mesure nécessaire est selon les organisateurs de "mettre fin à 11 ans de blocus illégal et destructeur" imposé à l'enclave palestinienne.

La marine israélienne avait déjà arraisonné dimanche le bateau "Awda" ("Retour", en arabe) qui battait pavillon norvégien avec 22 personnes à bord.

Depuis plus de dix ans, la bande de Gaza étouffe sous un strict blocus israélien. Les habitants de l'enclave souffrent notamment de coupures d'électricité provoquées par la suspension des livraisons de fioul.

Selon l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), environ 80% de ses quelque deux millions d'habitants sont tributaires d'une aide.

Depuis le 30 mars, des Palestiniens manifestent régulièrement dans le secteur frontalier entre la bande de Gaza et Israël pour dénoncer notamment le blocus israélien.

L'ONU a appelé Israël à lever les restrictions qui affectent les hôpitaux ainsi que le réseau de distribution et d'assainissement de l'eau.

Mais l'Etat hébreu a de nouveau bloqué jeudi l'approvisionnement en carburant de la bande de Gaza en réponse aux cerfs-volants incendiaires lancés depuis ce territoire palestinien.

En 2010, une précédente tentative pour forcer le blocus avait viré à la catastrophe.

Des commandos israéliens avaient tué neuf Turcs lors d'une attaque contre une flottille de militants propalestiniens. Un des passagers turcs blessés est décédé l'année suivante.

A la suite de cet incident meurtrier, la Turquie avait rompu ses relations diplomatiques avec Israël jusqu'en 2016.

D'autres tentatives de forcer le blocus ont eu lieu, notamment en 2016 lorsque 13 femmes, dont la lauréate du prix Nobel de la paix Mairead Maguire d'Irlande du Nord, ont été interceptées à bord d'un bateau par la marine israélienne à 30 km des côtes de Gaza avant d'être expulsées.

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