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Israël: Netanyahu joue sa survie politique à une semaine des législatives

Affiches géantes de Benjamin Netanyahu avec Donald Trump et Vladimir Poutine, cascades de clips à la radio, multiplication des meetings: Israël entre dans sa dernière semaine de campagne avant des législatives clés pour la survie politique de son Premier ministre.

Après un mois d'août en mode vacances pour une part de l'électorat, et monopolisé dans les médias par les échanges de tirs à la frontière avec Gaza puis le Liban, la classe politique entre dans un sprint final qui doit déterminer le sort de M. Netanyahu, le plus pérenne des Premiers ministres israéliens.

A l'approche des élections du 17 septembre qui s'annoncent âprement disputées, M. Netanyahu s'est présenté lundi en défenseur d'Israël face à l'Iran qui, selon lui, avait construit un site de fabrication d'armes nucléaires jusque-là inconnu.

Il a été aussitôt accusé par l'opposition d'instrumentaliser ce dossier sensible à des fins de "propagande électorale".

"Dans ce site, l'Iran a mené des expériences afin de développer des armes nucléaires (...) mais lorsqu'il a réalisé que nous avions découvert ce site, voici ce qu'ils ont fait: ils l'ont détruit, ils l'ont simplement rayé de la carte", a déclaré M. Netanyahu.

Le chef du gouvernement a tenté aussi lundi de convaincre les parlementaires d'autoriser la présence de caméras dans les bureaux de vote afin, dit-il, d'éviter les "fraudes" et de garantir la "transparence".

Pour ses adversaires, l'introduction de caméras viserait plutôt à intimider des électeurs hostiles à sa candidature, notamment chez les Arabes israéliens.

"Il n'y a pas de raison, pour ceux qui souhaitent de vraies élections, de s'opposer au projet de loi sur les caméras qui vise à prévenir toute fraude", a déclaré M. Netanyahu.

"La seule fraude dans notre système politique, c'est Netanyahu", a rétorqué son grand rival Benny Gantz, ancien chef de l'armée à la tête du parti centriste "Bleu-Blanc", couleurs du drapeau israélien.

- "Guerre personnelle" -

"Ces élections ne portent pas sur les caméras, mais sur l'indépendance de la justice", a fait valoir M. Gantz en référence aux accusations pesant contre le Premier ministre.

M. Netanyahu doit être entendu en octobre pour répondre d'accusations de "corruption", "fraude", "malversations" et "abus de confiance" dans différentes affaires.

Dans l'une d'elles, le couple Netanyahu est soupçonné d'avoir reçu pour un million de shekels (environ 250.000 euros) de cigares de luxe, bouteilles de champagne et bijoux de la part de richissimes personnalités, en échange de faveurs financières ou personnelles.

M. Netanyahu n'aurait pas à démissionner s'il était inculpé, mais seulement s'il était reconnu coupable. M. Gantz rejette toutefois l'idée de participer à un éventuel gouvernement d'union si M. Netanyahu est inculpé.

Des alliés politiques de M. Netanyahu, le chef du parti Likoud (droite), souhaitent eux faire voter, après le scrutin, une loi lui accordant l'immunité.

"Il (Netanyahu) se bat pour sa survie, pour ne pas avoir à faire face à la justice. C'est une guerre personnelle", estime Gideon Rahat, professeur de sciences politiques à l'université hébraïque de Jérusalem.

L'affaire des caméras "fait partie de sa tentative de mobiliser son électorat en arguant qu'eux -les Arabes, la gauche, les élites- tentent de nous voler l’élection, à nous le peuple", précise-t-il.

- "Allez Trump, allez Poutine" -

Selon les projections des sondages, le Likoud et "Bleu-Blanc" sont au coude-à-coude avec une trentaine de sièges chacun, sur les 120 du Parlement.

Chaque camp compte aussi sur des alliés, des partis à droite ou religieux pour le Likoud, et plus à gauche ou séculier pour "Bleu-Blanc". Et le parti Israël Beiteinou (droite) d'Avigdor Lieberman, un ancien ministre né en ex-URSS, cherche à s'imposer comme "faiseur de rois".

Sur les grands boulevards de Tel-Aviv et Jérusalem, les partis rivalisent d'affiches pour attirer l'attention des indécis.

Sur une, M. Netanyahu apparaît serrant la main de son allié américain Donald Trump, qui a reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël et la souveraineté d'Israël sur le Golan syrien.

Sur une autre, on voit le Premier ministre au côté du président russe Vladimir Poutine à qui il a dit vouloir se rendre cette semaine à Moscou.

"Allez Poutine, allez Trump, venez à Jérusalem. L'armée y est très très forte: au sol, dans les airs et en mer. Demain, les Likoudniks (partisans du Likoud) vont accourir aux bureaux de vote", dit une publicité de campagne de M. Netanyahu diffusée sur les réseaux sociaux, qui le montre avec une armada de jeunes dansant sur de la musique techno.

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