En ce moment
 
 

Israël: un allié de Netanyahu démissionne de la présidence du Parlement

Israël: un allié de Netanyahu démissionne de la présidence du Parlement
Photo du président démissionnaire du parlement israélien, Yuli Edelstein, prise le 16 mai 2018 lors d'une visite en FranceEric Feferberg

Le président du Parlement israélien Yuli Edelstein, allié de Benjamin Netanyahu, a démissionné mercredi, ouvrant la voie à son possible remplacement par un opposant au Premier ministre sortant, dans un pays en proie à une longue crise politique.

M. Edelstein, en poste depuis sept ans, a décidé de quitter ses fonctions afin d'éviter de devoir se plier à un ordre de la Cour suprême lui enjoignant d'organiser l'élection d'un successeur d'ici mercredi minuit (22H00 GMT), comme souhaité par une majorité de députés.

Cette décision intervient en pleine crise politique, trois législatives en moins d'un an n'ayant pas permis la formation d'un gouvernement. Et à l'impasse politique s'ajoute la crise sanitaire posée par le nouveau coronavirus, avec 2.030 cas de personnes contaminées et cinq décès.

En annonçant sa démission pendant la séance du Parlement (Knesset), M. Edelstein a violemment critiqué la Cour suprême, l'accusant de "fragiliser les fondations de la démocratie israélienne".

"La décision de la Cour suprême détruit le travail de la Knesset (...), constitue une intervention arrogante de la Justice dans les affaires du pouvoir législatif élu", a-t-il déclaré.

"Je ne permettrai pas à Israël de sombrer dans l'anarchie. Je ne prêterai pas main forte à la guerre civile", a-t-il ajouté.

La Cour avait d'abord formulé un avis non contraignant en faveur de l'élection d'un nouveau président du Parlement, que M. Edelstein avait refusé de suivre, jugeant qu'il n'appartenait pas aux juges de déterminer l'ordre du jour du Parlement.

- "Regrettable" -

Selon M. Edelstein, le président de la Knesset doit être désigné une fois un gouvernement formé.

Au terme des législatives du 2 mars, le camp de M. Netanyahu a obtenu 58 sièges et celui de ses adversaires, menés par le centriste Benny Gantz, 62. C'est donc M. Gantz qui a été désigné pour former le prochain gouvernement, mais il n'est pas certain qu'il y parvienne en raison du morcellement du paysage politique.

M. Netanyahu a maintes fois appelé à la formation d'un gouvernement d'union qu'il dirigerait avec M. Gantz, successivement, notamment pour gérer la crise du coronavirus. Mais M. Gantz ne veut pas que le gouvernement soit mené par M. Netanyahu, inculpé pour corruption dans trois affaires.

L'un des objectifs des adversaires de M. Netanyahu est de faire adopter une loi empêchant toute personne inculpée d'être Premier ministre. Or pour qu'une telle loi soit votée, il est essentiel que soit issu de leurs rangs le chef du Parlement, ce que la démission de M. Edelstein rend désormais possible.

"La Knesset appartient aux citoyens israéliens et les élus doivent respecter les lois de l'Etat d'Israël et les décisions de justice", a écrit Benny Gantz sur Twitter, ajoutant que "personne n'est au dessus des lois".

Il était encore incertain, mercredi à la mi-journée, qu'un vote pour désigner un nouveau président de la Knesset puisse avoir lieu le jour-même, la démission de M. Edelstein ne prenant effet que dans 48 heures.

"A moins que M. Edelstein décide que sa démission prend effet immédiatement, il est toujours de son devoir d'obéir à l'ordre de la Cour suprême et de mettre à l'ordre du jour l'élection d'un nouveau président", a estimé Yohanan Plesner, président d'Israel Democracy Institute, un centre de recherche de Jérusalem.

"Il serait fort regrettable qu'après avoir été en fonction pendant sept ans, la dernière action de M. Edelstein ait été de mépriser la Cour", a ajouté M. Plesner dans un communiqué.

Vos commentaires