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Gaza: les hostilités ont continué malgré l'annonce d'un cessez-le-feu

ISRAEL

Les frappes israéliennes dans la bande de Gaza et les tirs de roquettes palestiniennes se sont poursuivis dans la nuit de lundi à mardi malgré l'annonce d'un cessez-le-feu censé mettre fin à des hostilités faisant craindre une nouvelle confrontation ouverte dans l'enclave.

Le calme est finalement revenu, au moins provisoirement, après 06H00 (04H00 GMT), selon un journaliste de l'AFP sur place.

L'armée israélienne a rapporté tôt mardi 30 nouveaux tirs de roquettes et d'obus de mortier en provenance de Gaza depuis 22H00 (20H00 GMT lundi), soit un total d'une soixantaine depuis le début des échanges de feu lundi en début de soirée.

Ses avions, ses hélicoptères et ses chars, positionnés du côté israélien de la frontière, ont frappé quant à eux de nouvelles cibles, des complexes militaires du Hamas et du Jihad islamique par exemple, les deux principaux groupes armés de Gaza, en plus des dizaines d'objectifs déjà visés depuis lundi soir, a-t-elle dit.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu n'a donné aucun signal clair de la suite qu'il comptait donner aux évènements, au moment de monter dans l'avion pour rentrer en Israël après avoir écourté une visite à Washington qu'il aurait voulue, en pleine campagne électorale, moins parasitée par l'actualité gazaouie.

Il a prévenu le Hamas, mouvement islamiste au pouvoir depuis plus d'une décennie à Gaza et ennemi d'Israël, qu'il était prêt à ordonner une offensive terrestre à hauts risques dans l'enclave si nécessaire.

"Nous avons répondu avec une très, très, très grande puissance", a-t-il dit au pied de l'avion.

"Le Hamas doit savoir que nous n'hésiterons pas à rentrer (dans Gaza) et à prendre toutes les mesures nécessaires", a-t-il ajouté.

Le Hamas qui gouverne sans partage l'enclave sous blocus coincée entre Israël, Egypte et Méditerranée, avait pourtant annoncé lundi soir un cessez-le-feu, conclu par l'entremise des Egyptiens, médiateurs historiques dans la bande de Gaza.

Aucune confirmation d'arrêt des hostilités n'a été obtenue de la part d'Israël qui, par le passé, s'est gardé de corroborer de tels accords négociés secrètement.

La bande de Gaza, territoire de deux millions d'habitants, éprouvée par les guerres, la pauvreté et les blocus israélien et égyptien, ainsi que ses environs ont été le théâtre lundi d'une énième poussée de fièvre depuis la guerre de 2014.

- Bureau de Haniyeh touché -

Signal se voulant fort, les appareils israéliens ont frappé le bureau d'Ismaïl Haniyeh, le chef du Hamas, et détruit totalement deux bâtiments de plusieurs étages abritant des services de renseignement et des activités militaires du mouvement islamiste selon l'armée israélienne.

Sept Palestiniens ont été blessés, d'après les secours gazaouis.

Un journaliste de l'AFP a observé dans la soirée de multiples tirs de roquettes en direction d'Israël. Un certain nombre ont été interceptés par le système de défense anti-aérien israélien, la plupart des autres sont retombés dans des zones inhabitées, a dit l'armée israélienne.

Les hostilités ont été déclenchées par un tir de roquette en provenance de Gaza, qui avait fait sept blessés légers au nord de Tel-Aviv la nuit précédente parmi lesquels trois enfants, dont un bébé de six mois.

Elles surviennent dans un contexte hautement volatil, après des semaines de tensions, des manifestations de contestation interne à Gaza, et à deux semaines d'élections israéliennes.

Elles se sont produites en pleine visite de M. Netanyahu à la Maison Blanche. Ce séjour était supposé renforcer la stature internationale du Premier ministre en vue des législatives du 9 avril, à l'issue incertaine.

Au côté de M. Netanyahu, le président Donald Trump, son grand allié, a dénoncé une "attaque méprisable" contre Israël et évoqué "le droit absolu" de ce dernier à se défendre.

M. Trump lui a fait un cadeau de choix en officialisant la reconnaissance par Washington de la souveraineté israélienne sur la partie du Golan syrien annexée par Israël, malgré la réprobation suscitée à l'étranger par cette nouvelle rupture du président américain avec le consensus international au profit de l'Etat hébreu.

- Anniversaire à hauts risques -

Au moment de repartir, M. Netanyahu a indiqué qu'il se rendrait au ministère de la Défense aussitôt après son arrivée pour des consultations. Il n'a pu contenir son aigreur devant l'attention accordée par les médias à la situation gazaouie par rapport au Golan.

"Vous devrez vous justifier du fait que vous ne couvriez pas (l'annonce sur le Golan) plus d'une minute, mais c'est quelque chose d'énorme au regard de l'histoire", a-t-il dit.

Israël et le Hamas se sont livré trois guerres à Gaza depuis que le Hamas y a pris le pouvoir en 2007. Les deux camps ont frôlé la guerre en 2018 et les tensions ont de nouveau augmenté ces dernières semaines.

Le Hamas et M. Netanyahu passent pour être réticents à une confrontation d'envergure. Mais, en pleine campagne électorale, M. Netanyahu a été accusé par ses adversaires d'avoir "perdu la bataille de la sécurité" et de la dissuasion contre le Hamas.

La bande de Gaza va au-devant d'un autre rendez-vous à risques: le premier anniversaire, samedi, de la "Grande marche du retour", mouvement de protestation gazaoui dirigé notamment contre le blocus.

Cet anniversaire doit donner lieu à une importante mobilisation palestinienne.

Depuis mars 2018, au moins 258 Gazaouis ont été tués par des tirs israéliens. La très grande majorité sont morts lors des manifestations, souvent accompagnées de violences, de la "Marche du retour" le long de la frontière. Deux soldats israéliens ont été tués depuis cette date.

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