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Tarik Jadaoun, jihadiste verviétois, avait revendiqué les attentats de Bruxelles: pourquoi est-il jugé en Irak plutôt qu'en Belgique?

Tarik Jadaoun, jihadiste verviétois, avait revendiqué les attentats de Bruxelles: pourquoi est-il jugé en Irak plutôt qu'en Belgique?

Le procès de Tarik Jadaoun se poursuit ce mardi 22 mai en Irak. Jihadiste belge originaire de Verviers, il a souvent été présenté comme le "nouvel Abaaoud", le leader du commando des attentats de Paris.

C'est lui qui avait revendiqué les attentats de Bruxelles. Dans l'ordinateur retrouvé dans une poubelle rue Max Roos, on entend notamment Najim Laachraoui le saluer dans un message audio. Tarik Jadaoun est également apparu dans plusieurs vidéos pour menacer la Belgique.

Après avoir été déclaré mort par le groupe Etat islamique, il a finalement été capturé vivant à Mossoul le 23 août 2017, soit un mois après la reprise de la ville. Il a ensuite été détenu et interrogé par les services de renseignements américains.


"Un infirmier de l'Etat Islamique"

Il avait manifesté son souhait de rentrer en Belgique pour demander pardon. Il avait également proposé son aide aux services de renseignements en échange de la clémence. Le Premier ministre avait répondu que la Belgique ne collaborerait pas avec des terroristes.

Lors de sa première audience, qui a eu lieu le 10 mai dernier, Tarik Jadaoun a plaidé non-coupable. Il a tenté de minimiser son rôle en affirmant qu'il n'était pas un combattant mais un infirmier de l'Etat islamique et qu'il a travaillé dans plusieurs hôpitaux. Quant aux vidéos dans lesquelles il menace la Belgique, il les justifie en disant les avoir enregistrées sous la menace.


Pourquoi est-il jugé en Irak plutôt qu'en Belgique ?

En Irak, Tarik Jadaoun risque la peine de mort. Plus de 300 personnes ont été condamnées à mort en Irak et 300 autres à la prison à vie pour appartenance à l'EI. 

Les Irakiens entendent juger les jihadistes en Irak. Ils sont perçus comme des criminels sanguinaires responsables du massacre de centaines de personnes. Les Irakiens ont été touchés dans leur chairs et veulent que la justice soit rendue selon leurs critères.

En effet, ils ont vu débarquer sur leur territoire des milliers de jihadistes occidentaux qui leur ont imposé un mode de vie. Tous ceux qui s'y opposaient étaient littéralement massacrés.

Tariq Jadaoun est suspecté comme d'autres d'avoir entraîné des enfants soldats. Là aussi, les Irakiens entendent venger leurs enfants qui ont été emmenés vers la mort pas des hommes venus d'ailleurs.

De cette manière, l'Irak veut tente aussi de démontrer que son système judiciaire est fonctionnel.


Pas de représentant diplomatique sur place

Ce procès pose pourtant quelques soucis à Belgique qui n'a été avertie qu'en dernière minute du début de audiences. La Belgique ne doit pas envoyer de représentant diplomatique sur place.

Cela pourrait être perçu comme de l'ingérence selon le Ministère des affaires étrangères. Le Ministère souligne avoir officiellement notifié à l'Irak qu'elle était contre la peine de mort, même pour les terroristes. Il n'existe aucun accord d'extradition entre la Belgique et l'Irak.

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