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Japon: le grand prêtre du Yasukuni démissionne après avoir critiqué l'empereur

Japon: le grand prêtre du Yasukuni démissionne après avoir critiqué l'empereur
Le sanctuaire controversé Yasukuni le 15 août 2018 à TokyoKazuhiro NOGI
histoire

Le prêtre en chef du sanctuaire controversé Yasukuni à Tokyo va démissionner après avoir tenu des propos "totalement inappropriés" au sujet de l'empereur Akihito, a annoncé jeudi ce haut-lieu shintoïste dans un communiqué.

Le Yasukuni, qui honore 2,5 millions de personnes décédées pendant les plus récentes guerres, parmi lesquelles figurent 14 criminels de la Seconde Guerre mondiale, est pour cette raison honni par les voisins asiatiques victimes des atrocités de l'armée nippone.

Selon le dernier numéro en date de l'hebdomadaire tabloïd Shukan Post, le prêtre supérieur Kohori a déclaré lors d'une réunion de personnalités du sanctuaire en juin que "l'empereur tentait de détruire le sanctuaire Yasukuni".

"Plus l'empereur effectue de voyages commémoratifs en hommage aux victimes de la guerre, plus le sanctuaire de Yasukuni est ostracisé", a-t-il ajouté, selon le Shukan Post, qui dit avoir eu en main des enregistrements audio du prêtre.

Kunio Kohori, âgé de 68 ans, "a directement rendu visite à l'agence de la maison impériale et s'est excusé, exprimant son intention de démissionner" de son poste, est-il précisé.

Une porte-parole du Yasukuni a refusé de confirmer les propos rapportés mais a reconnu que la démission était liée à l'article de magazine.

Akihito, qui abdiquera en avril prochain en vertu d'une loi d'exception, a toujours adressé des messages pacifiques tout au long de son règne appelé Heisei ("parachèvement de la paix"), exprimant des remords pour les conséquences de l'expansionnisme du Japon durant la première partie du règne de son père.

Il a visité plusieurs anciens champs de bataille dans les îles du Pacifique pour prier pour les soldats et les civils qui y ont péri.

Bien qu'il n'ait aucun pouvoir politique, l'empereur a agacé l'extrême droite japonaise, celle qui vénère le Yasukuni, en reconnaissant que son pays avait infligé de "grandes souffrances" en Chine et en déplorant la prise de contrôle de la péninsule coréenne par le Japon.

Le souverain actuel n'a jamais visité le sanctuaire Yasukuni depuis qu'il a succédé à son père Hirohito, juste après le décès de celui-ci en janvier 1989.

Hirohito a pour sa part cessé de s'y rendre après l'inscription en catimini des criminels de guerre sur les registres du Yasukuni en 1978.

Le prêtre aurait également déclaré que le prince héritier Naruhito et son épouse Masako ne se rendraient probablement pas dans le sanctuaire en tant que nouvel empereur et nouvelle impératrice, affirmant que cette dernière "déteste les sanctuaires et le shintoïsme".

Un successeur à M. Kohori sera choisi lors d'une réunion courant octobre, a indiqué le Yasukuni.

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