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Jawad Bendaoud va devoir résister "à la pression médiatique" en attendant l'appel, disent ses avocats

Jawad Bendaoud va devoir résister
Jawad Bendaoud le 26 janvier 2018 lors de son procès au Palais de Justice à ParisBenoit PEYRUCQ

Jawad Bendaoud, le logeur de jihadistes des attentats du 13-Novembre, relaxé mercredi soir par le tribunal correctionnel de Paris, va devoir résister à la "pression médiatique" en attendant son procès en appel, ont déclaré jeudi ses avocats.

"Il va falloir qu'il se prenne en main, il va falloir qu'il résiste à cette pression médiatique, parce que tout le monde le veut, tout le monde veut le voir, on veut écrire des bouquins sur lui, on le veut sur des plateaux de télévision", a indiqué Me Xavier Nogueras sur Europe 1, s'interrogeant sur les capacités de son client à "résister à tout cela".

Son autre conseil, Me Marie-Pompéi Cullin, a ajouté: "On lui conseille dans un premier temps de refuser" les sollicitations médiatiques, "peut-être" jusqu'au procès en appel dans plusieurs mois.

Mercredi soir, le tribunal a considéré que les éléments contre Bendaoud étaient "insuffisants" pour démontrer sa culpabilité. Le parquet, qui avait requis quatre ans de prison, a immédiatement fait appel.

Critiquant une décision "précipitée", Me Nogueras a estimé que le parquet manquait "de certitude, de sérénité, et de réflexion".

Celui qui avait été surnommé "le logeur de Daech", et qui fut la risée d'un pays traumatisé, comparaissait pour avoir mis à disposition d'Abdelhamid Abaaoud, l'un des cerveaux présumés des attentats, et de son complice, Chakib Akrouh, un squat où ils s'étaient repliés à Saint-Denis. C'est là que les deux jihadistes sont morts le 18 novembre dans l'assaut des policiers du Raid.

Il est sorti de la prison de Fresnes (Val-de-Marne) mercredi soir. Selon ses avocats qui sont allés le chercher et l'ont remis à sa famille, "il était bouleversé".

Jusqu'à ce que la présidente Isabelle Prévost-Desprez, "dont il faut saluer l'indépendance et le courage, prononce sa relaxe, je crois que personne n'y croyait", a-t-il reconnu.

Il s'agissait du premier procès en lien avec les attaques du 13 novembre 2015, qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis.

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