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Jihad et recrutement pour l'EI: début du procès d'une famille du Loiret

Jihad et recrutement pour l'EI: début du procès d'une famille du Loiret
Les avocats de plusieurs membres de la famille, Thomas Klutz et Olivier Parleani, au tribunal de Paris le 25 juin 2018Eric FEFERBERG
Syrie

Le procès de plusieurs membres d'une famille du Loiret, accusés d'avoir rejoint l'Etat islamique en Irak et Syrie ou d'avoir organisé le départ de jeunes femmes désireuses d'épouser des jihadistes, a débuté lundi à Paris.

Samy R., 22 ans, son ancienne épouse Sana C., 26 ans, et son père Farid, 58 ans, sont jugés devant le tribunal correctionnel pour association de malfaiteurs à visée terroriste.

Le premier est en détention, les deux autres comparaissent libres. Ils encourent jusqu'à dix ans de prison.

La ressemblance est frappante entre le père et le fils, deux hommes au physique solide, barbus et de longs cheveux noirs frisés coiffés en arrière. Sana comparaît elle aussi vêtue à l'occidentale, avec talons hauts et vêtements près du corps.

Samy, vêtu d'un T-shirt blanc, semble risquer la plus lourde peine car il est parti rejoindre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie en juin 2014 et soupçonné d'avoir pris part aux combats.

Selon ses proches, il est allé rejoindre Yacine, son frère admiré avec lequel il avait une relation "fusionnelle" et qui avait rejoint la Syrie quelques mois plus tôt.

Samy a nié toute participation aux combats pour l'EI. Il lui est notamment reproché d'être apparu en janvier 2015, juste après les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher, armé d'une kalachnikov, dans une vidéo de l'EI où il appelle les musulmans à commettre d'autres attaques en France.

Quelques semaines plus tard, il déserte, s'enfuyant de Syrie avec sa femme Sana, enceinte, pour se rendre début avril au consulat de France en Turquie.

Expulsés vers la France, ils seront arrêtés à leur arrivée. Incarcéré, Samy dit avoir été "déçu" par l'EI et collabore avec les services de renseignements français.

Son père Farid est lui décrit par les enquêteurs comme "parfaitement au courant" des agissements de ses fils dont il "partageait pleinement" l'"engagement au sein de l'EI".

Il a surtout, selon eux, "veillé personnellement à l'acheminement jusqu'en Syrie" de plusieurs jeunes Françaises désireuses de s'y marier avec ses fils, dont Sana.

Cette dernière a elle, contrairement à son époux Samy, été laissée libre à son retour en France en avril 2015. Interrogée en juin 2017, la jeune femme a déclaré aux enquêteurs avoir "honte" de son séjour au sein de l'EI et être aujourd'hui "totalement différente".

Le jugement est attendu mardi soir.

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