JO-2018: la décision du TAS "encourage les tricheurs", estime l'avocat de Rodchenkov

JO-2018: la décision du TAS
La patineuse russe Olga Fatkulina à son arrivée au TAS délocalisé à Genève, le 22 janvier 2018, pour contester sa suspension à vieHarold Cunningham

La décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) de lever totalement les sanctions contre 28 sportifs russes soupçonnés de dopage "encourage les tricheurs", a estimé jeudi l'avocat américain du lanceur d'alerte russe Grigory Rodchenkov, dans une réaction transmise à l'AFP.

"La décision du TAS ne fait qu'encourager les tricheurs, rend la victoire des sportifs propres plus difficile" et donne une victoire "indue au système antidopage russe corrompu dans son ensemble et à (Vladimir) Poutine en particulier", a estimé Jim Walden, l'avocat américain de M. Rodchenkov qui a dénoncé le système de dopage institutionnalisé en Russie et est depuis lors réfugié aux Etats-Unis.

Le TAS a annoncé jeudi la levée totale des sanctions pour 28 des 43 sportifs russes présents aux JO de Sotchi-2014 et disqualifiés par le CIO qui les accuse d'avoir profité d'un système de dopage "institutionnalisé".

Ces 28 sportifs, qui récupèrent ainsi leurs médailles obtenues à Sotchi, peuvent sous conditions espérer participer aux prochains JO d'hiver de Pyoengchang (9-25 février).

Pour 11 autres sportifs russes, la suspension à vie a également été levée mais en raison de "preuves suffisantes", ces 11 sportifs sont interdits de participation aux JO de Pyeongchang.

Mais la levée totale des sanctions contre 28 des 43 sportifs russes "ne signifie pas que ce groupe de 28 sera invité" automatiquement aux JO d'hiver de Pyeongchang, a réagi le Comité international olympique.

"Ne pas être sanctionné ne confère pas automatiquement le privilège d'une invitation" aux jeux Olympiques d'hiver de Pyeongchang (9-25 février), a expliqué le CIO dans un communiqué.

Une grande majorité des 42 Russes ayant fait appel de leur suspension a comparu la semaine dernière devant le TAS.

M. Rodchenkov a témoigné durant l'audience, à distance, depuis les Etats-Unis.

Ses révélations avaient mis au jour l'ampleur du système étatique de dopage. Le lanceur d'alerte s'est réfugié aux Etats-Unis en 2016, disant craindre pour sa vie après la mort brutale et rapprochée de deux responsables de l'agence russe antidopage (RUSADA).

"M. Rodchenkov a livré un témoignage complet et crédible devant le TAS, a ajouté son avocat.

Les éléments fournis par M. Rodchenkov ont été "corroborés par des preuves scientifiques, par d'autres lanceurs d'alerte et plus récemment par la découverte d'une base de données secrète du laboratoire antidopage de Moscou, montrant que des milliers de tests positifs ont été couverts", a encore estimé Jim Walden.

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