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Joe Biden esquisse sa candidature à la Maison Blanche

Joe Biden esquisse sa candidature à la Maison Blanche
Joe Biden s'adresse à la conférence de l'association internationale des pompiers à Washington, le 12 mars 2019, aux côtés de son épouse, Jill BidenANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Si Joe Biden ne s'est pas officiellement lancé dans la course à la Maison Blanche pour 2020, cela y ressemble beaucoup: l'ancien vice-président de Barack Obama a répondu mardi à des pompiers l'appelant à se présenter que "leurs voeux" pourraient bien se réaliser.

"Lance-toi Joe, lance-toi", ont scandé à plusieurs reprises les pompiers, rassemblés à Washington pour une conférence où le démocrate a prononcé un discours. Ils tenaient des pancartes portant ces mêmes mots.

"J'apprécie l'énergie que vous avez montrée quand je suis arrivé ici. Gardez-la un petit peu plus longtemps, j'en aurai peut-être besoin dans quelques semaines", a déclaré Joe Biden, provoquant une vague d'applaudissements et poussant une bonne partie de l'assemblée à se lever.

Souriant, l'ex-sénateur a alors ajouté, deux fois, entre les rires: "Faites attention, vos voeux pourraient se réaliser".

Grand nom du parti démocrate, Joe Biden est depuis des mois pressenti pour rejoindre la course à la nomination démocrate, alors que le terrain est déjà bien occupé, avec quatorze candidats.

Grâce à son expérience, sa notoriété et une position centriste face à des adversaires aux programmes résolument plus à gauche, il caracole en tête des sondages, même s'il ne s'est pas encore présenté officiellement.

Mardi, M. Biden a critiqué à mots à peine voilés le président républicain Donald Trump, affirmant qu'une "méchante mesquinerie (s'était) emparée de notre politique".

"Aujourd'hui, il semble que tout le monde se saute à la gorge", alors que "nous étions tellement unis" après les attentats du 11-Septembre, a-t-il dit, évoquant les profondes divisions qui agitent selon lui la société américaine depuis l'élection de M. Trump.

"L'extrémisme, dans toute sa laideur, augmente dans ce pays. Nous l'avons vu au plus près à Charlottesville", quand une militante antiraciste avait été tuée en marge d'un rassemblement de suprémacistes blancs en août 2017.

Le président avait alors été très critiqué en semblant réticent à condamner clairement le rassemblement néonazi.

- L'Amérique des classes moyennes -

Joe Biden a également souligné les "valeurs qui définissent le mieux" les Américains: "L'honnêteté, la décence, traiter les gens avec dignité et respect, donner sa chance à chacun, ne laisser personne derrière, ne diaboliser personne -- pas les pauvres, pas les gens dans le besoin, pas les immigrés, pas l'autre".

"Aux Etats-Unis, tout le monde a sa chance (de réussir). C'est ce que le prochain président des Etats-Unis doit comprendre et c'est ce que notre président actuel, je crois, ne comprend pas du tout", a-t-il ajouté.

D'après les sondages, l'ancien vice-président reste populaire chez les électeurs noirs, dont la mobilisation pourrait s'avérer décisive en 2020, en même temps que chez l'électorat ouvrier blanc, qui a en partie fait gagner Donald Trump en 2016. Devant les soldats du feu, il s'est particulièrement adressé à ces deux catégories.

"Ce pays n'a pas été construit par les banquiers de Wall Street, les PDG et les gestionnaires de fonds d'investissement, même s'ils ne sont pas nécessairement mauvais", a-t-il lancé. L'Amérique "a été construite par la grande classe moyenne américaine, et les syndicats qui ont construit cette classe moyenne".

"On ne peut pas nous définir en termes de race, de religion, de tribu", mais par les "principes gravés" dans la Constitution.

Reste la question de son âge face à des candidats plus jeunes et des électeurs plus enclins à appeler à un changement de génération. Joe Biden a reconnu lui-même qu'à 76 ans, son âge soulevait des doutes "légitimes".

L'actuel sénateur du Delaware, Chris Coons, s'était dit lundi "confiant" que M. Biden soit candidat. "Tout se met en place, mais c'est une décision importante", avait-il dit sur CBS.

Joe Biden doit présider un dîner du parti démocrate le 16 mars à Dover, dans le Delaware, l'Etat qu'il a représenté pendant plus de trente ans au Sénat. Cela pourrait offrir une bonne occasion de donner un premier discours de candidat. Mais plusieurs médias américains avancent qu'il prévoit plutôt un lancement officiel en avril.

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