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Kazakhstan: le Parlement donne à Nazarbaïev le droit de régner à vie

(Belga) Le Parlement kazakh a adopté mercredi une loi permettant au président Noursoultan Nazarbaïev de continuer à régner sur le pays même s'il venait à quitter son poste.

La loi a été votée à l'unanimité par la chambre basse du Parlement de ce pays d'Asie centrale où M. Nazarbaïev, 77 ans, est au pouvoir depuis plus de 28 ans. Le texte accorde un statut constitutionnel au Conseil de sécurité, dont les recommandations étaient jusque là uniquement consultatives, et autorise M. Nazarbaïev à le diriger jusqu'à sa mort. A sa tête, il superviserait ainsi les forces de l'ordre et de facto maintiendrait sous son pouvoir tout président lui succédant. Déjà détenteur du titre de "Père de la Nation" qui lui garantit l'immunité judiciaire et un rôle influent s'il se retirait de la présidence, Noursoultan Nazarbaïev exerce un contrôle total sur le Kazakhstan. Nommé à la tête de ce qui était alors une république soviétique en 1989 par le dernier dirigeant de l'URSS, Mikhaïl Gorbatchev, il est resté au pouvoir après l'indépendance du pays en 1991, conservant son poste depuis plus d'un quart de siècle. Son actuel mandat court jusqu'en 2020 et M. Nazarbaïev n'a pas indiqué vouloir prendre sa retraite. En presque trois décennies au pouvoir, Noursoultan Nazarbaïev n'a ni créé les conditions pour une transition démocratique le jour où il partira, ni laissé émerger une personnalité pouvant lui succéder. Sa fille, Dariga Nazarbaïeva, 55 ans, est parfois citée par les observateurs comme un éventuel successeur. Après le décès en 2016 de l'autoritaire Islam Karimov dans la république voisine d'Ouzbékistan, M. Nazarbaïev est le dirigeant à la plus longue longévité au pouvoir en Asie centrale. Son pays, dont l'économie est la plus importante de la région, souffre depuis quelques années de la baisse des prix du pétrole et de la crise économique de son voisin russe, qui a mené à la dévaluation du tenge kazakh. (Belga)

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