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L'affaire Weinstein en cinq dates

L'affaire Weinstein en cinq dates
Le producteur Harvey Weinstein sort du tribunal à New York, le 20 décembre 2018Kena Betancur

L'affaire Harvey Weinstein a commencé en octobre 2017 avec la publication par le New York Times puis le New Yorker d'une série de témoignages d'actrices affirmant avoir été harcelées et agressées par le producteur hollywoodien.

Quelque 80 actrices, aspirantes-actrices et anciennes collaboratrices l'ont depuis accusé de harcèlement, d'agression sexuelle et de viol. Des faits qui remontent souvent à 10 ou 20 ans, souvent prescrits et difficiles à étayer.

Confronté à cinq chefs d'inculpation pour viol et fellation forcée, sur deux femmes différentes, le producteur longtemps craint et respecté d'Hollywood est aussi visé par une douzaine d'assignations au civil, essentiellement à New York et à Los Angeles.

- 2017 -

Octobre: l'affaire éclate

Le 5 octobre, le New York Times publie une enquête incluant de nombreux témoignages de femmes accusant Harvey Weinstein de harcèlement sexuel pendant près de trois décennies, et révèle qu'il a passé des accords avec au moins huit femmes, achetant leur silence sur leurs accusations.

Il réagit en "s'excusant sincèrement" et annonce se mettre en congé de la société de production qu'il dirige avec son frère Bob, The Weinstein Company. Son avocat ajoute qu'il "nie beaucoup de ces accusations."

Cinq jours plus tard, le magazine The New Yorker va plus loin et cite plusieurs femmes, dont l'actrice italienne Asia Argento, accusant le producteur de viol ou d'agressions sexuelles.

"Toutes les accusations de relations sexuelles non consenties sont réfutées par M. Weinstein", affirme sa porte-parole.

Le 14, Harvey Weinstein est exclu de l'Académie du cinéma qui remet les Oscars, sanction rarissime.

Les témoignages de harcèlement ou d'agressions sexuelles se multiplient contre le producteur mais aussi contre d'autres célébrités de Hollywood, de la télévision ou de la mode, sous les hashtags #MeToo, et #moiaussi ou #balancetonporc en France.

Des enquêtes criminelles sont évoquées par les polices de Londres, New York et Los Angeles. Le producteur disparaît de la circulation, réputé en traitement contre les addictions sexuelles.

- 2018 -

Mai: première inculpation

Le 25, après avoir été accusé par le mouvement Time's Up de traîner des pieds, le procureur de Manhattan inculpe Harvey Weinstein pour un viol à New York en 2013, sur une femme dont l'identité n'a pas été révélée, et une fellation forcée en 2004, correspondant à des allégations déjà publiées de Lucia Evans, qui était alors aspirante actrice.

Le mouvement #MeToo applaudit en voyant le producteur menotté devant les caméras.

Il est remis en liberté moyennant un million de dollars de caution, le port d'un bracelet électronique et l'interdiction de quitter les Etats de New York et du Connecticut.

Son nouvel avocat Ben Brafman, qui a obtenu l'abandon des poursuites contre Dominique Strauss-Kahn dans l'affaire du Sofitel en 2011, assure que son client sera exonéré.

Juillet: troisième accusatrice

Le 2 juillet, l'accusation ajoute trois nouveaux chefs d'inculpation correspondant à un nouvel "acte sexuel forcé" datant de juillet 2006, sur une troisième femme, qui sera identifiée comme Mimi Haleyi, ex-assistante de production.

Harvey Weinstein fait désormais face à six chefs d'inculpation et risque la perpétuité.

Octobre: chef d'inculpation abandonné

Ben Brafman gagne à son tour une manche le 11 octobre, en obtenant l'abandon d'un des chefs d'accusation, celui concernant Lucia Evans, décrédibilisée après la révélation du témoignage d'une amie, à qui Mme Evans aurait dit avoir accepté de faire une fellation au producteur en échange d'un rôle.

Le Wall Street Journal rapporte que des négociations ont commencé entre avocats pour essayer de trouver un accord mettant fin à la douzaine de procès au civil déposés contre le producteur et son ancien studio, la Weinstein Company.

Décembre: vers un procès

Le 12 décembre, M. Weinstein est visé par une nouvelle plainte au civil à Los Angeles.

La plaignante, une actrice anonyme, affirme qu'il a essayé de la persuader d'accepter un rapport sexuel qu'elle refusait en évoquant Jennifer Lawrence: "J'ai couché avec Jennifer Lawrence et regarde ce qu'elle est devenue: elle vient de gagner un Oscar", lui aurait dit le producteur.

La star des séries Hunger Games et X-Men dément avoir jamais eu un rapport sexuel avec le producteur.

Le 20, un juge de Manhattan rejette les arguments de Ben Brafman, qui réclamait l'abandon des poursuites contre son client au motif que l'accusation avait commis des erreurs dans l'enquête. La perspective d'un procès se confirme.

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