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L'agression d'une maire et actrice relance le débat sur les violences conjugales en Haïti

(Belga) Les photos de son visage et son corps recouverts d'ecchymoses ayant envahi les réseaux sociaux mercredi, Nice Simon, célèbre actrice en Haïti et maire depuis 2015, a décidé de publiquement dénoncer les coups qu'elle a longtemps subis, relançant le débat sur les violences conjugales.

"Nous les femmes, quand une telle chose arrive, c'est nous qui avons honte. On ne veut pas dénoncer parce qu'on est gênée, on se sent honteuse et rabaissée" a confié Nice Simon, reconnaissant avoir, par le passé, déjà été victime de violences de la part de son conjoint. "Mais aujourd'hui, la honte n'est plus pour moi, la honte est pour l'agresseur", a affirmé la maire de Tabarre, une commune de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. Lors d'une conférence de presse mercredi midi, la femme de 40 ans a décrit en détails les coups que lui a infligés son conjoint à leur domicile dans la soirée du 1e octobre. "Il m'étranglait et me donnait des gifles, des coups de poings à la tête. J'ai cru que j'allais mourir", a témoigné Mme Simon. "J'étais à terre et il me donnait des coups de pieds", ajoute-t-elle avant de descendre la fermeture éclair de sa robe pour dévoiler les ecchymoses couvrant son dos, suscitant l'émotion dans la salle remplie de journalistes et d'employés de la mairie qu'elle dirige. Parvenant à s'enfuir de la résidence, elle s'est rendue à un hôpital pour recevoir des soins et obtenir un certificat médical nécessaire au dépôt d'une plainte. Plusieurs photos des blessures marquant son corps, prises à cette occasion, ont fuité sur les réseaux sociaux, provoquant un large débat. Car, si elle a été élue maire d'une des principales villes du pays, Nice Simon est surtout connue et adulée pour sa carrière d'actrice. Sorti en 2003, le film "I Love you Anne", dans lequel elle tient le rôle principal, est le long métrage le plus populaire du cinéma haïtien. Mais sous les photos largement partagées sur les réseaux sociaux, les messages de soutien croisent des commentaires machistes, rédigés tant par des hommes que des femmes. En Haïti, 17% des femmes et 11% des hommes estiment encore qu'il est justifié qu'un homme batte sa partenaire, selon une étude publiée en juillet 2018 par le ministère de la Santé et des organisations internationales. (Belga)

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