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L’Angleterre veut mettre ses chômeurs au travail forcé

 
 

L’Angleterre est en proie à une controverse. Le gouvernement tient à faire passer un projet obligeant les chômeurs à travailler bénévolement pour la collectivité, ce qui n’est pas du goût de tous.

Le ministre du Travail et des retraites Iain Duncan Smith a défendu un projet controversé de travail obligatoire pour les chômeurs comme "un moyen de réparer des vies brisées" et de "stimuler l'estime de soi". Le projet, dont les détails seront annoncés jeudi, vise à remettre des chômeurs au travail 30 heures par semaine pendant 4 semaines dans le cadre de programmes municipaux, comme le ramassage des feuilles mortes ou le jardinage.

Obligation sous peine de suppression de chômage

Ces programmes seront obligatoires, et les chômeurs qui refuseraient d'y prendre part perdraient leur allocation chômage pendant au moins 3 mois. Il s'agit à la fois de remettre au travail des personnes qui vivent des allocations ou qui travaillent au noir, et de restaurer une éthique de travail chez des personnes au chômage depuis très longtemps, a expliqué le ministère.

Inquiétude de l’Eglise anglicane
 
Le projet a soulevé l'inquiétude du chef de l'Eglise anglicane. "Je suis très inquiet. Je ne pense pas que celà soit juste", a indiqué l'archevêque de Canterbury Rowan Williams. "Les gens qui se battent pour trouver du travail, et qui se battent pour un avenir sûr, sont entraînés encore plus dans une spirale d'incertitude, et même de désespoir lorsqu'ils sont mis sous pression de la sorte", a-t-il commenté.

Rester à sa place
       
Mardi matin, la presse conservatrice tire à boulets rouges sur le chef de l'Eglise anglicane: "gauchiste chevelu", s'exclame le Daily Express, pour qui l'archevêque a "passé la plus grande partie de sa vie dans une tour d'ivoire". Le Times suggère que l'archevêque a fait preuve d'une "passion" disproportionnée sur le sujet, et qu'il est mieux inspiré lorsqu'il s'agit de questions touchant à l'église.

Chômeurs depuis dix ans

Iain Duncan Smith a tenu à répondre lui-même aux attaques sur ses réformes dans le Daily Mail mardi, en prenant le contre-pied des déclarations de l'archevêque de Canterbury. "Cinq millions de personnes en âge de travailler sont au chômage, dont 1,5 million depuis dix ans", rappelle-t-il. "Demander à quelqu'un qui est sans travail depuis longtemps de participer à un programme de travail pour stimuler son estime de soi n'est pas une recette de désespoir mais une façon de réparer des vies briséees", a souligné le ministre.




 

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