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L'écrivain israélien David Grossman rend hommage à Amos Oz

L'écrivain israélien David Grossman rend hommage à Amos Oz
L'écrivain israélien Amos Oz discute avec des Palestiniens après la récolte d'olives à Aqraba, en Cisjordanie, le 30 octobre 2002Menahem KAHANA
ISRAEL

L'auteur israélien David Grossman a rendu hommage samedi à son confrère Amos Oz, décédé la veille, saluant un "grand homme" et un des "plus grands écrivains au monde" qui était, comme lui, opposé à l'occupation israélienne.

Amos Oz, dont le roman "Une Histoire d'amour et de ténèbres" avait connu un succès mondial, est décédé vendredi des suites d'un cancer à l'âge de 79 ans.

"C'est un coup très dur", a confié dans un entretien à la radio publique David Grossman, couronné en 2011 du prix Médicis étranger pour son roman "Une femme fuyant l'annonce".

"Chaque fois que je sortais d'une rencontre avec Amos, j'avais l'impression d'avoir de la chance, de m'être enrichi, d'avoir rencontré un grand homme", a-t-il affirmé.

"C'est un homme qui avait de la grandeur. On le ressentait dans sa générosité, dans sa chaleur, dans sa sagesse. On s'asseyait avec lui et tout d'un coup on voyait le monde un peu différemment", a-t-il ajouté.

Même s'ils n'étaient pas de la même génération, Amos Oz étant né en 1939 et M. Grossman en 1954, les deux écrivains "s'étaient rapprochés".

"Nous nous sommes rencontrés il y a 25 ans" a raconté M. Grossman, ajoutant qu'ils se voyaient régulièrement, parfois en famille.

"Chaque fois que j'avais des doutes sur quelque chose je l'appelais pour lui demander son avis et il m'apprenait quelque chose", a-t-il poursuivi.

Pour le romancier et essayiste, Amos Oz était "un des plus grands écrivains au monde", qui excellait dans la description de la réalité du quotidien des Israéliens.

"Il a expliqué au monde entier, plus que tout autre Israélien, la grande complexité, le grand miracle et la grande peine d'être israélien", a-t-il estimé.

David Grossman, engagé, comme Amos Oz, pour la paix avec les Palestiniens à travers une solution à deux Etats et la fin de l'occupation israélienne, a affirmé que l'écrivain était "de moins en moins optimiste ces dernières années" sur le sujet.

"Il voyait comment la force du radicalisme et de la violence ne fait que croître sous toutes ses formes, comment les peurs façonnent la réalité, et comment certains attisent ces peurs afin de créer une certaine réalité", a expliqué M. Grossman.

Il a aussi souligné les "capacités de visionnaire" d'Amos Oz, notamment sur les dangers de l'occupation par Israël des territoires palestiniens à l'issue de la guerre israélo-arabe de 1967.

"Trois semaines après la fin de la guerre des Six jours, alors que tout le pays était dans l'euphorie de la victoire, il a dit +ça ne marchera pas, l'occupation est dangereuse, l'occupation corrompt+", se souvient David Grossman.

"Il avait déjà vu en 1967 où nous mènerait l'occupation. Et pour son malheur et le nôtre, ce qu'il avait prévu s'est réalisé", a-t-il conclu.

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