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L'édito de Christophe Giltay: Bouteflika, ruse ou raison?

L'édito de Christophe Giltay: Bouteflika, ruse ou raison?

En Algérie, la rue a gagné. Le président Bouteflika ne briguera finalement pas un cinquième mandat. Il propose à la place une importante réforme constitutionnelle et l’organisation d’élections libres d’ici un an.

S’il y a une leçon à tirer de ce qui s‘est passé en Algérie, c’est d’abord la démonstration qu’une mobilisation importante mais pacifique, peut faire fléchir un pouvoir. Même un pouvoir cadenassé par les militaires, comme l’est celui qui dirige l’Algérie depuis l’indépendance. On peut aussi d’ailleurs rendre hommage à ce pouvoir qui n’a pas réprimé ces manifestations par une violence excessive, et qui finalement s’est rendu à la raison.


La crainte du chaos

Pourquoi le FLN, le Front de Libération National, souhaitait-il qu’Abdelaziz Bouteflika malgré son état de santé rempile une cinquième fois ? Tout simplement pour garder ses privilèges mais aussi par peur de l’inconnu. En 1991, la dernière élection libre en Algérie, avait donné une large victoire aux islamiques du FIS, provoquant un coup d’Etat militaire. Conséquence: une guerre civile qui a durée des années et fait près de 200 000 morts. L’élection de Bouteflika, une des figures de l’indépendance, en 1999 a coïncidé avec le retour de la stabilité dans le pays. Alors, la tentation était grande de lui faire accomplir un mandat de plus. Le scénario originel était qu’il soit réélu, mais pour réformer la constitution et proposer d’autres élections auxquelles il ne participerait pas. La rue a considéré qu’il s’agissait d’une entourloupe et les mobilisations ont repris de plus belle…

Un parfum d’autrefois

Trois semaines de foule dans la rue, ça commençait à faire beaucoup, d’autant que pour ceux qui aiment les symboles, ces manifestations se déroulaient dans le centre d’Alger près de la grand poste, en face de l’hôtel Albert 1er, (oui le nôtre) et à deux pas du siège du gouvernement. Là, où ont eu lieu les plus grands rassemblements pendant la guerre d’indépendance. D’ici que certains décident de passer de la manifestation à l’insurrection, ce n’était peut-être pas la peine de tenter le diable…

Lire la suite sur le blog de Christophe Giltay 

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