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L'Egypte lance une vaste opération antijihadistes

L'armée égyptienne a lancé vendredi une vaste opération "antiterroriste" dans plusieurs régions du pays, dont la péninsule du Sinaï où la branche locale du groupe Etat islamique (EI) mène régulièrement des attaques meurtrières.

Baptisée "Sinaï 2018", l’opération lancée à un mois et demi de l'élection présidentielle, mobilise notamment l'aviation et la marine et a lieu dans le Sinaï (nord-est), dans des régions du delta du Nil (nord) et dans le désert occidental, frontalier de la Libye.

Elle vise à "lutter contre les organisations terroristes et criminelles", a indiqué le porte-parole de l'armée, Tamer el-Refai, dans une allocution télévisée. Il s'agit de "renforcer le contrôle des zones frontalières (...) et nettoyer les zones où se trouvent des foyers terroristes".

Plus tard, le porte-parole a affirmé que les forces aériennes avaient "ciblé certains foyers et des caches" dans le nord et l'ouest de la péninsule du Sinaï. De son côté, la marine oeuvre au renforcement de la protection des frontières maritimes "pour couper l'afflux de terroristes".

Dans la bande de Gaza, frontalière du Sinaï égyptien, des responsables palestiniens ont indiqué que l'Egypte avait fermé prématurément la frontière. Rouverte mercredi, elle n'était censée fermer que vendredi soir. C'était la première fois que la frontière, fermée quasiment en permanence rouvrait en 2018.

L'armée et la police égyptiennes ont déclaré l'"état d'alerte maximale" dans les secteurs visés par l'opération, où un nombre important de troupes, de chars et de véhicules blindés ont été déployés.

- Opération parallèle -

Des opérations de sécurité sont en cours à Ismaïlia dans le delta du Nil, et dans la province du Nord-Sinaï, ont confirmé des sources sécuritaires et des témoins.

Elles consistent en grande partie en des bombardements aériens sur les zones où se cachent l'EI, ont précisé les sources sécuritaires.

Parallèlement, le ministère de l'Intérieur a annoncé dans un communiqué avoir lancé une opération contre le groupuscule Hasam, responsables de plusieurs attentats contre les forces de l'ordre et présenté comme "l'aile armée des Frères musulmans", une organisation décrétée "terroriste" par le pouvoir.

Selon le ministère, l'opération vise à déjouer de possibles projets d'attentats "en lien avec l'élection présidentielle" du 26 mars. Il annonce ainsi la mort de trois membres du groupe extrémiste et l'arrestation de 14 autres dans plusieurs gouvernorats.

Fin novembre, le président Abdel Fattah al-Sissi avait donné trois mois à son chef d'état-major et son ministre de l'Intérieur pour rétablir la sécurité et la stabilité dans le Sinaï.

Une injonction lancée quelques jours après une attaque contre une mosquée dans le Nord-Sinaï qui avait fait plus de 300 morts, l'attentat le plus meurtrier de l'histoire récente de l'Egypte. Elle n'avait toutefois pas été revendiquée.

M. Sissi, élu président en 2014 et dont la réélection ne fait pas de doute en mars, a affirmé dans un message publié sur Facebook "suivre avec fierté l'héroïsme" des forces de sécurité, en référence à cette offensive.

Depuis la destitution en 2013 par l'armée du président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, les forces égyptiennes affrontent dans le Sinaï des groupes extrémistes, dont l'EI. Des centaines de policiers et de soldats ont été tués dans ces affrontements.

En 2011, l'armée avait lancé une première offensive dans le Nord-Sinaï, qu'elle avait considérablement amplifiée à l'été 2012 après un attentat ayant tué 16 soldats.

- Une énième opération -

En septembre 2015, elle avait lancé une autre opération dans le Sinaï, région frontalière d'Israël, affirmant avoir tué plus d'une cinquantaine de jihadistes.

Depuis, elle tente de réduire les foyers jihadistes mais selon des analystes, les représailles musclées auxquelles l'armée a recours ne suffisent pas, et sont parfois contreproductives.

Les voisins de l'Egypte comme Israël sont inquiets de la présence des jihadistes dans le Sinaï.

Selon le quotidien américain New York Times, citant cette semaine des responsables américains et britanniques en exercice, Israël a mené plus de 100 frappes aériennes visant l'EI dans le Nord-Sinaï avec l'accord des autorités égyptiennes en plus deux ans.

L'armée israélienne n'a pas commenté cette information et l'armée égyptienne l'a réfutée.

Début janvier, le Parlement égyptien a prolongé de trois mois l'état d'urgence instauré initialement en avril 2017 après deux attentats contre des églises coptes, notamment à Tanta dans le Delta du Nil, où une trentaine de personnes avaient péri. Les attaques ont été revendiquées par l'EI.

L'état d'urgence était déjà appliqué depuis quelques années dans une partie du nord du Sinaï.

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