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L'EI sème de nouveau la terreur dans le désert irakien: sept bergers tués

L'EI sème de nouveau la terreur dans le désert irakien: sept bergers tués
Des forces paramilitaires du Hachd al-Chaabi lors de la reprise aux dépens du groupe Etat islamique (EI) de vastes territoires désertiques de l'ouest de l'Irak, le 3 novembre 2017AHMAD AL-RUBAYE

Le groupe Etat islamique (EI) sème de nouveau la terreur dans la région désertique du centre de l'Irak, où les cadavres de sept agriculteurs et bergers ont été retrouvés après une trentaine d'enlèvements, a affirmé à l'AFP un édile de la région.

Selon Ali al-Nawaf, chef du conseil municipal de Dour, "des terroristes ont attaqué plusieurs villages ou hameaux dispersés, sont entrés dans des maisons et y ont kidnappé 30 personnes".

"Les corps de sept d'entre elles ont été retrouvés et les forces de sécurité cherchent les autres", a-t-il ajouté.

Selon des photos diffusées sur les réseaux sociaux, les victimes retrouvées étaient vêtues de dichdachas, les longues robes masculines traditionnelles et avaient les mains liées derrière le dos et les yeux couverts avec leur keffiehs à damiers blancs et rouges.

"C'était une région relativement peuplée mais elle s'est vidée. C'est devenu très dangereux pour les habitants qui vivent d'agriculture ou sont bergers", a dit à l'AFP M. Nawaf.

"Ils ne sont pas armés car leurs armes ont été confisquées successivement par les forces américaines (de 2003 à 2011), par l'EI à partir de 2014 puis ensuite par (les forces paramilitaires du) Hachd al-Chaabi et l'armée", a encore précisé ce responsable municipal.

Or, la tribu Chammar, à laquelle appartiennent ces habitants, est particulièrement visée par l'EI car elle a combattu férocement les jihadistes durant quatre ans et est loyale au gouvernement.

L'Irak a déclaré en décembre la "victoire" sur l'EI et la violence a fortement décru après trois années d'âpres combats meurtriers pour reprendre au groupe jihadiste près d'un tiers de l'Irak, dont il s'était emparé en 2014.

Cependant, si les jihadistes ont perdu l'ensemble des centres urbains, notamment l'ancienne "capitale" de l'EI en Irak, Mossoul (nord), ils se meuvent dans le désert et continuent de perpétrer des attaques, aidés par la difficulté du terrain.

- Trois chauffeurs tués -

"Il y a des cellules dormantes dans la région de Hatra et dans les milliers de km2 de la Jazira", l'immense désert qui va de l'ouest de Bagdad jusqu'à la Syrie, a affirmé à l'AFP Haytham al-Chammar, un chef de cette tribu.

"En outre, des jihadistes s'infiltrent dans le pays à partir de Boukamal", ville syrienne clé à la frontière, reprise il y a une semaine à l'EI par les troupes du régime syrien, a-t-il ajouté.

"J'appelle le Premier ministre, les ministres de la Défense et de l'Intérieur et le Hachd al-Chaabi (...) à mener des opérations terrestres et aériennes pour sécuriser la région", a proclamé Ali al-Nawaf.

Preuve, selon ce responsable local, de la dégradation de la situation dans le centre de l'Irak et de l'audace grandissante de l'EI: les jihadistes, qui agissaient la nuit, sont désormais visibles dans la journée. Ils limitaient leurs convois à deux voitures mais maintenant ils recommencent à aligner une dizaine de véhicules.

"Il y a désormais tous les jours des incidents", a-t-il fait valoir.

Lundi, dans une autre province en principe sécurisée, trois chauffeurs routiers ont par ailleurs été tués par des jihadistes, sur la route reliant Bagdad à Kirkouk, une riche ville pétrolière située au nord de la capitale irakienne, selon un responsable.

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