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L'entrepreneuriat des femmes africaines, une priorité pour la Banque mondiale

L'entrepreneuriat des femmes africaines, une priorité pour la Banque mondiale
Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale, le 14 mars 2019 à Nairobi au Kenya Yasuyoshi CHIBA

Abolir la myriade d'obstacles à l'entrepreneuriat des femmes africaines doit être une priorité sur un continent où le nombre de pauvres continue de progresser, estime Kristalina Georgieva, la directrice générale de la Banque mondiale dans un entretien accordé à l'AFP.

"Nous savons que les femmes en Afrique sont davantage susceptibles de devenir entrepreneures mais elles sont aussi confrontées à bien plus d'obstacles que les hommes pour créer et diriger leurs entreprises", explique-t-elle à la veille de la tenue du premier sommet sur le financement de l'entrepreneuriat féminin (We-Fi) en Afrique de l'ouest.

"Le but de ce sommet est de galvaniser les réformes de politiques publiques et l'action du secteur privé pour promouvoir l'entrepreneuriat des femmes en Afrique de l'ouest", poursuit-elle, soulignant qu'une fois lancées elles avaient tendance à réussir mieux qu'ailleurs.

Les obstacles sont pour l'heure nombreux: barrières légales qui interdisent l'accès des femmes à certains emplois, barrières culturelles, difficultés à être prises au sérieux quand elles n'ont pas été à l'école, et surtout difficultés à obtenir un prêt des banques. Or sans accès à des fonds, il est quasiment impossible de lancer son entreprise.

Dans sa tâche, Mme Georgieva est épaulée par la conseillère et fille du président américain, Ivanka Trump.

- "Agissons" -

Le sommet, qui se tient en Côte d'Ivoire, va réunir des dirigeants des banques de développement, des responsables du secteur privé et des femmes entrepreneures pour discuter de la manière de soutenir l'entrepreneuriat des femmes africaines.

"Il est question de supprimer toutes les barrières que rencontrent les femmes", insiste Kristalina Georgieva.

L'un des enjeux est de faciliter l'accès aux technologies alors que les femmes africaines sont moins nombreuses que les hommes à détenir un téléphone portable (9% de moins) et elles sont encore moins à utiliser internet (48%), souligne-t-elle.

La Banque mondiale et le Fonds monétaire international martèlent depuis longtemps que l'intégration des femmes dans les économies crée des emplois, améliore le niveau de vie, dynamise la croissance d'un pays et contribue à la paix et la prospérité d'un pays.

En Afrique, "agissons", "il est urgent de se concentrer sur ce qui est essentiel" telle que les femmes, estime la numéro 2 de la Banque mondiale, d'autant que la pauvreté continue de faire des ravages.

En 25 ans, le taux d'extrême pauvreté est passé de 36% à 10% dans le monde, et de 54% à 41% en Afrique subsaharienne.

Mais dans cette région, le nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté "a quasiment doublé", a rappelé Kristalina Georgieva, passant de 278 millions en 1990 à 413 millions en 2015 en raison de l'accroissement rapide de la population.

Alors que le taux moyen de pauvreté était de 13% en 2015 dans les autres régions, il se maintenait à environ 41% en Afrique subsaharienne.

Plus de la moitié des pauvres sont dans cette région. Ils pourraient atteindre 87% d'ici 2030. L'Afrique compte 26 des 27 pays les plus pauvres au monde.

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