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L'ex-président chinois d'Interpol plaide coupable de corruption

Sa disparition avait défrayé la chronique: l'ex-président chinois d'Interpol, qui s'était brusquement volatilisé en 2018 de l'organisation internationale policière basée à Lyon (France), a reconnu jeudi lors de son procès être coupable de corruption.

Meng Hongwei, 65 ans, a "fait montre de repentance" pour avoir accepté 14,46 millions de yuans (1,86 million d'euros) de pots-de-vin, a indiqué le Tribunal populaire intermédiaire n°1 de Tianjin (nord de la Chine) sur les réseaux sociaux.

"Le verdict sera annoncé à une date ultérieure", selon la même source, son procès n'ayant apparemment duré qu'une demi-journée.

La télévision publique CCTV a montré Meng Hongwei dans la salle d'audience, entouré de deux policiers, le visage émacié, les yeux cernés et les cheveux blanchis.

"De 2005 à 2017, l'accusé Meng Hongwei a profité de ses fonctions et de ses pouvoirs (...) afin d'aider des entreprises dans leurs affaires et des individus à obtenir des promotions hiérarchiques" contre rémunération, a souligné le tribunal.

"Il a fait une déclaration finale, lors de laquelle il a reconnu sa culpabilité et a fait montre de repentance."

Meng Hongwei s'était subitement volatilisé d'Interpol en septembre 2018, ne donnant pas de nouvelles après avoir quitté Lyon.

- 'La conscience tranquille' -

Au bout d'une dizaine de jours, Pékin avait annoncé qu'il était rentré en Chine où il était soupçonné de corruption. Il est en détention depuis lors.

L'ex-dirigeant, qui était aussi vice-ministre de la Sécurité publique et directeur du Bureau de la police maritime dans son pays, a été exclu en mars du Parti communiste chinois (PCC) et de toute fonction officielle.

Son épouse Grace Meng, qui a obtenu l'asile politique en France courant mai selon son avocat, a critiqué jeudi la tenue du procès dans un courriel adressé à l'AFP.

"Peu importe qu'ils l'humilient, qu'ils le traînent dans la boue ou qu'ils l'accusent de choses qu'il n'a pas commises, cela ne changera pas la réalité", a-t-elle réagi.

"Il a la conscience tranquille vis-à-vis de sa patrie, s'est montré digne de la police et digne des gens qui l'aiment. La communauté internationale saura la vérité".

Craignant pour sa sécurité et celle de ses deux enfants, Grace Meng avait affirmé avoir été victime d'une tentative d'enlèvement.

Peu après l'octroi de son asile politique en France, Pékin avait adressé une mise en garde à Paris, dénonçant "un abus total de la procédure française".

- Mauvaise image -

Meng Hongwei est l'énième haut dirigeant communiste à succomber à la campagne anti-corruption lancée en 2013 par le président Xi Jinping peu après son arrivée au pouvoir. Elle a déjà sanctionné au moins 1,5 million de cadres du PCC, selon les derniers chiffres officiels.

Très populaire auprès d'une opinion publique lassée des malversations, cette opération "mains propres" est également soupçonnée de servir à faire tomber des opposants internes à la ligne du chef de l'Etat chinois.

L'élection de Meng Hongwei à la tête d'Interpol fin 2016 avait été vécue comme une victoire pour la Chine, en dépit des inquiétudes que cela avait fait naître parmi les défenseurs des droits de l'homme. Il a été remplacé en novembre dernier par le Sud-Coréen Kim Jong-yang.

Sa démission "a gravement nui à l'image de la Chine" qui aurait dû s'assurer de l'honnêteté de son candidat avant de le proposer à la tête d'une organisation internationale, relève le sinologue Willy Lam, de l'Université chinoise de Hong Kong.

Selon lui, M. Meng, comme de nombreux responsables poursuivis pour corruption, a plaidé coupable afin d'obtenir une réduction de peine et réduire la pression sur son épouse.

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