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L'influence des entreprises européennes en Europe reste sous-estimée

 
 
L'influence des grandes entreprises européennes au sein des institutions de l'UE reste largement sous-estimée, en partie à cause des carences du système d'enregistrement des lobbyistes et groupes de pressions à Bruxelles, selon un rapport publié jeudi par une ONG. L'ONG Les Amis de la Terre Europe a analysé les données des cinquante plus grandes entreprises européennes dans le registre des lobbyistes lancé en 2008 par la Commission européenne et y dénonce "des faiblesses" liées en grande partie selon elle au caractère purement volontaire du registre. Le rapport relève que 20 des cinquante plus grandes entreprises européennes en sont absentes. Or certaines grandes entreprises européennes absentes du registre européen ont déclaré des activités de lobbying à Washington, où la loi américaine impose leur enregistrement, à l'instar du Finlandais Nokia (Télécoms), des banquiers HSBC, Deutsche Bank et Barclays, de l'Allemand E.ON (énergie) et du Suisse Nestlé (agro-alimentaire). E.ON, Nestlé ou Nokia disposent pourtant de badges d'accréditation au Parlement européen, relève le rapport. En outre, 13 groupes déclarent dépenser pour leurs activités de lobbying des sommes nettement supérieures à Washington qu'à Bruxelles, à l'instar des pétroliers BP (17 fois) et Shell (5 fois) ou l'industriel allemand Siemens (6 fois). Michael Mann, porte-parole du commissaire européen en charge du dossier Maros Sefcovic, a réfuté la plupart des critiques. M. Sefcovic doit entamer prochainement les discussions avec le Parlement européen pour mettre en place un registre commun des lobbyistes. L'ONG l'appelle à cette occasion à rendre "le registre obligatoire". (JDO)

 

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