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Evacuation de Belges d'Afghanistan: après 3 nuits sans sommeil, Hejratullah impatient de revoir sa famille exfiltrée

 
 

Les opérations d'évacuation de Belges depuis l'aéroport de Kaboul se sont poursuivies samedi. Deux premiers vols ont permis d'évacuer 166 personnes. Un troisième vol organisé samedi soir devait faire monter ce chiffre aux alentours de 250. En parallèle de ces allers-retours entre l'Afghanistan et le Pakistan, 34 exfiltrés sont arrivés en bus à la caserne de Peutie à 20h55. Après avoir vécu l'enfer et le chaos en Afghanistan, ils ont enfin pu retrouver leur famille et leurs proches.

L'opération belge "Red Kite" (cerf-volant rouge) se poursuit en Afghanistan. Lancée lundi par le gouvernement fédéral, elle utilise la capitale pakistanaise d'Islamabad pour effectuer des allers-retours avec l'aéroport de Kaboul.

Les 34 premiers Belges exfiltrés sont arrivés samedi après-midi vers 15h50 à l'aéroport de Schiphol, aux Pays-Bas. Samedi à 20H55, ces personnes sont arrivées à la caserne de Peutie, près de Vilvorde. Elles ont été prises en charge par les autorités.

Ces 34 personnes sont toutes des ressortissants belges. Elles sont accompagnées de leurs conjoints ou de leurs conjointes, ce sont donc des ayant-droits. Ce sont des personnes qui ont donc un titre de séjour et qui pourront rejoindre leurs domiciles.

Avant cela, les exfiltrés ont dû encore passer des examens. Dès leur arrivée, les personnes ont été prises en charge dans une zone d'attente, où elles ont pu se reposer. Les évacués sont passé par des examens d'identité mais aussi des tests Covid-19. En fonction des résultats, elles ont pu quitter la caserne.

Un commerçant est venu récupérer sa femme et ses deux enfants 

Ces ressortissants belges ont ainsi pu retrouver leurs proches. Parmi les familles venues les récupérer, il y avait Hejratullah Naïade. D’origine afghane, ce commerçant à Courtrai est parti le 1er juillet avec sa femme et ses deux enfante de 4 et 2 ans en vacances à Kaboul. Il est rentré en Belgique le 23 juillet pour des raisons professionnelles. Sa femme et ses enfants sont restés coincés là-bas. Hejratullah est donc venu les récupérer samedi soir à Peutie. Il ne les a pas vus depuis un mois.

"Ma femme est contente, elle a surtout eu de la chance de rentrer parce que c’est tellement dur à Kaboul de rejoindre l’aéroport. C’est trop difficile. Elle a hâte de me voir bien sûr mais avant la police lui a dit que lorsqu’elle arrivera ici, elle va d’abord devoir passer des contrôles d’identité et faire un test corona", a expliqué le commerçant à notre journaliste Emmanuel Dupond. Ce père de famille était très impatient de les revoir. Pendant trois nuits, il n'a pas dormi. 

Près de 250 personnes évacuées samedi 

Samedi, un total de quatre vols étaient prévus. Les deux premiers ont pu évacuer 166 personnes, dont de nombreux Belges et Néerlandais, selon la ministre belge des Affaires étrangères. Le troisième vol de samedi devait porter le total d'évacués à environ 250. "Nous avons pu organiser trois vols, trois vols qui ont quitté Kaboul avec 250 passagers au total. A l'heure où on fait cette interview, je n'ai pas encore le décompte exact du nombre de Belges et du nombre de Néerlandais", nous a précisé Sophie Wilmès samedi en fin d'après-midi. Un peu plus tard, les Affaires étrangères ont précisé que 108 Belges et ayant-droits ont été évacuées de la capitale afghane Kaboul depuis le début de l'opération Red Kite.

La ministre se réjouit de ce bilan, alors que les conditions d'évacuation à Kaboul sont particulièrement compliquées. "Les gens se massent devant l'aéroport et essaient de rentrer dans l'aéroport avec des gates (ndlr: portes) qui s'ouvrent et se ferment en fonction de la situation sécuritaire. Il y a énormément de monde, il y a aussi des femmes et de très très jeunes enfants qui sont sous un soleil écrasant. C'est une situation très difficile", indique la ministre des Affaires étrangères.

Samedi soir, nous avons reçu de la Défense les premières images de ces évacuations d'Afghanistan:

 
  

L'opération Red Kite doit encore se poursuivre ce dimanche. Un premier vol charter pourrait être opéré entre Islamabad et l’aéroport de Melsbroek. Notez que certains Belges sur place choisissent de ne pas se faire rapatrier car leurs parents non-belges ne répondent pas aux conditions des autorités belges pour pouvoir les accompagner.


 

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