La bachelière major de Polynésie a reçu des propositions à Paris, selon l'Enseignement supérieur

La bachelière major de Polynésie a reçu des propositions à Paris, selon l'Enseignement supérieur
Ranitea Gobrait, en terminale S au lycée privé La Mennais de Papeete, est arrivée en tête au bac, avec une moyenne de 20,32 sur 20. Mike LEYRAL
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Elle se disait incertaine de son avenir d'étudiante faute de réponse positive des établissements sollicités via Parcoursup: la bachelière major de Polynésie a en fait reçu des propositions, à Paris, mais qui ne correspondaient pas à ses choix de prédilection, selon l'Enseignement supérieur.

Alors que Parcoursup, la nouvelle plateforme d'inscription à l'université, a soulevé des critiques ces derniers mois, l'histoire de Ranitea Gobrait a été abondamment commentée sur les réseaux sociaux et a même conduit le gouvernement à réagir.

Championne de Polynésie du 800 mètres nage libre, la jeune fille, qui a décroché son bac avec 20,32 de moyenne au terme de sa terminale S à Papeete, a affirmé samedi avoir été refusée dans tous les établissements parisiens dans lesquels elle a postulé. Elle a dit rester en liste d'attente dans le lycée toulousain Pierre-de-Fermat pour une classe prépa d'ingénieurs.

Dans un communiqué publié sur Twitter dans la nuit, le ministère de l'Enseignement supérieur a souligné qu'"il ressort du dossier de cette bachelière que celle-ci a reçu et refusé plusieurs propositions d'admission, notamment dans des classes préparatoires aux grandes écoles qu'elle avait appelées de ses voeux, à Paris".

Sur place à Papeete, le directeur de la DGEE (Direction générale de l'éducation et des enseignements), Thierry Delmas, a expliqué à l'AFP que le choix de cette jeune fille "était un choix très ciblé d'établissements parisiens, bordelais, et aussi à Rennes. Et parmi ces choix-là, elle a été acceptée dans au moins un des lycées prestigieux de Paris", à Janson-de-Sailly.

"Elle a renoncé à la proposition d'un grand lycée parisien et a préféré s'inscrire à l'Université de la Polynésie en classe prépa scientifique", a-t-il ajouté.

Selon M. Delmas, la jeune fille a en fait été acceptée dans quatre de ses voeux, notamment en prépa ECS (économique et commerciale, option scientifique), mais pas dans sa filière de prédilection: maths physique sciences de l'ingénieur.

- "Concurrence" -

Contrairement à APB, la plateforme précédente d'inscription dans le supérieur qui avait subi une avalanche de critiques, il n'y a plus de hiérarchie des voeux sur Parcoursup.

Le directeur de la DGEE a rappelé que sur Parcoursup, "ce n'est pas la note au baccalauréat qui est prise en compte, mais le dossier sur deux ans de l'élève, c'est-à-dire l'ensemble de ses notes de Première et de Terminale, mais aussi une lettre de motivation".

"Donc c'est un dossier d'ensemble qui évidemment est excellent pour cette élève. Mais pour les établissements dans lesquels elle a été refusée, elle a été mise en concurrence avec d'aussi excellents dossiers, qui peuvent expliquer qu'elle n'ait pas eu tel ou tel établissement", a-t-il dit.

Il a précisé qu'il la rencontrerait lundi pour "faire le point sur sa situation". Selon lui, "on doit pouvoir essayer de lui reproposer" le choix auquel elle a renoncé. "S'il y a d'autres cas d'élèves (dans sa situation, ndlr), il faut qu'ils se manifestent", a-t-il poursuivi.

Christophe Castaner, secrétaire d'Etat des Relations avec le Parlement et patron de La République en marche, a relayé dans la nuit cette information, tweetant: "Cette brillante bachelière a reçu et refusé plusieurs propositions, notamment dans des classes prépa appelées de ses voeux, à Paris. Elle peut, si elle le souhaite, être accompagnée par le Rectorat".

"Les équipes de Parcoursup et du vice-rectorat de Polynésie française se tiennent naturellement disponibles dans le cas où cette candidate solliciterait un accompagnement", a aussi précisé le ministère.

"Je trouve ça aberrant. Je ne suis pas la seule dans ce cas: il y a beaucoup de bons élèves qui subissent le fait d'être à Tahiti. Les grandes prépas nous ont laissés de côté, nous les îles d'outre-mer (...). Je trouve que c'est dommage de nous fermer les portes comme ça, on devrait nous laisser notre chance", avait regretté Ranitea Gobrait.

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