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La Belgique devient membre du Conseil de sécurité de l'ONU

  • La Belgique siègera au Conseil de sécurité de l

  • Notre pays compte peser sur la diplomatie internationale à l

 

L'Allemagne, la Belgique, l'Afrique du Sud, l'Indonésie et la République dominicaine ont été élues vendredi par l'Assemblée générale de l'ONU pour siéger au Conseil de sécurité comme membres non-permanents à partir de janvier 2019 et pour deux ans.

Sur 190 pays présents lors de l'élection qui s'est effectuée via des bulletins de vote en papier, l'Allemagne a recueilli 184 voix, la Belgique 180, l'Afrique du Sud 183, l'Indonésie 144 et la République dominicaine 184. Il fallait obtenir deux tiers des voix pour être élu.

Les Maldives, rivaux de l'Indonésie pour le poste à pourvoir pour la région Asie-Pacifique, n'ont recueilli que 46 voix.

L'élection ce vendredi des cinq nouveaux membres issus de groupes régionaux par les 193 membres des Nations unies s'est fait cette année sans grande surprise, une seule inconnue demeurait pour le siège destiné à la zone Asie-Pacifique, que se disputait Maldives et Indonésie. L'attribution des deux sièges à pourvoir pour la zone Europe de l'ouest et autres pays était déjà acquise à l'Allemagne et la Belgique, après un récent retrait de la compétition d'Israël.

Ce très beau résultat récompense près de 4 ans d'efforts diplomatiques à tous les niveaux

"Dans l'exercice de ce mandat, la Belgique veillera à être un partenaire constructif, fiable et ouvert au sein du Conseil et pour l'ensemble de la communauté internationale. Atteindre un consensus en faveur de la paix n'est possible que sur la base du partenariat, de l'échange et de l'inclusion, avec tous les acteurs concernés. L'esprit de dialogue qui nous a guidés tout le long de notre campagne continuera à être la marque de notre action durant les deux années de notre mandat", a réagi le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders.

Spécifiquement, la protection des civils et l'impact des conflits sur les enfants seront au cœur du mandat de la Belgique, de même que le rôle joué par les femmes dans la prévention et la résolution des conflits. Le respect du droit international humanitaire et la lutte contre l'impunité, la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent, la non-prolifération et l'interdiction des armes chimiques, et l'impact du changement climatique sur la sécurité figureront également parmi les thèmes d'intérêt particulier de la Belgique. Pour le Premier ministre Charles Michel, "ce très beau résultat récompense près de 4 ans d'efforts diplomatiques à tous les niveaux". Cette élection consacre "la crédibilité et l'efficacité et le professionnalisme de notre diplomatie qui est parvenue à convaincre pas moins de 181 Etats membres de nous apporter leur suffrage", a-t-il relevé.


Le Conseil de sécurité, c'est quoi?

Le Conseil de sécurité comprend 15 membres, dont cinq permanents (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) et dix non-permanents renouvelés par moitié chaque année pour prise de fonctions six mois plus tard.

Le Conseil de sécurité des Nations unies est l'organe exécutif de l'Organisation des Nations unies (ONU). Il est défini comme ayant « la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationale » selon la Charte des Nations unies et dispose pour cela de pouvoirs spécifiques tels que le maintien de la paix, l'établissement de sanctions internationales et l'intervention militaire. Certaines décisions, appelées résolutions, du Conseil de sécurité ont force exécutoire et "les Membres de l'Organisation conviennent d'accepter et d'appliquer les décisions du Conseil de sécurité". Il se réunit au siège des Nations unies à New York après avoir siégé dans différentes capitales, telles que Paris ou Addis-Abeba. Ses membres doivent y être présents en permanence, du fait que le Conseil peut être réuni à tout moment, notamment en cas de crise exceptionnelle, ce que ne permettait pas la Charte de la Société des Nations.


Ne pas oublier de voter

L'entrée en fonctions des cinq nouveaux est prévue en janvier pour un mandat de deux ans. Lors de leur mandat, les ambassadeurs assureront chacun un mois de présidence du Conseil, qui représente un travail considérable d'organisation et de planification.

Parmi les consignes souvent rappelées: "N'oubliez pas de voter". Lors des séances, l'ambassadeur-président appelle en effet au vote des résolutions et doit comptabiliser les pour, les contre et les abstentions. Très concentrés, certains oublient de voter pour leur propre pays...


Un long processus diplomatique

Après entente au sein de l'Union africaine, le siège destiné à l'Afrique ira à l'Afrique du Sud. Et celui pour l'Amérique latine est prévu pour la République dominicaine après un consensus similaire dans ce groupe.

Le processus de candidatures au Conseil de sécurité n'est pas le même pour tous les groupes régionaux. Dans certains, "c'est placement libre" et c'est souvent très longtemps à l'avance. "On peut se porter candidat pour dans dix ans", raconte un diplomate sous anonymat. Dans ce cas, le pays "prend une place" mais un autre "peut venir le concurrencer" à un moment donné. Cela s'est produit pour le groupe d'Europe de l'Ouest avec trois candidats pour deux places. "Israël a finalement décidé de se retirer parce qu'il a compris qu'il n'avait aucune chance" et "risquait d'être humilié avec 30, 40 ou 50 voix maximum", entrainant son "élimination directe", explique le même diplomate.

Dans ce groupe, "il n'y a pas d'entente préalable et ça se règle à l'élection". "Dès qu'elle sort du Conseil, l'Allemagne se porte systématiquement candidate pour six ou sept ans plus tard", note la même source. Avant de se porter candidat, "les pays regardent qui sont les compétiteurs déjà inscrits".

Pour la zone latino-américaine, "il y a presque toujours un accord. Tout le monde y a plus ou moins droit tous les vingt ans. Sauf que de temps en temps, il y a le Brésil ou le Mexique qui reviennent eux plus souvent, et qui écrase quelqu'un qui va se retirer ou avec qui un accord va être trouvé", ajoute-t-on de source diplomatique.

"L'Afrique c'est pareil, c'est très organisé et il y a aussi un ou deux gros, Afrique du Sud, Nigeria, qui viennent écraser un petit de temps en temps. Mais c'est réglé à l'avance par l'Union africaine qui valide la candidature". Pour l'Afrique, "c'est très sophistiqué, elle a trois places en permanence au Conseil. Et il y a une autre alternance sophistiquée pour qu'il y ait toujours un pays arabe".

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