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La Birmanie se distancie des conclusions du rapport de l'ONU sur les ROhingyas

(Belga) La Birmanie s'est distanciée mardi des conclusions du rapport très sévère dressé par l'ONU à propos du traitement réservé à la minorité Rohingya. Les Nations Unies estiment que le régime militaire devrait répondre de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre pour ses actes à l'encontre de la minorité musulmane devant un tribunal international. La hiérarchie militaire n'est évidemment pas d'accord et veut attendre une enquête "indépendante".

Selon un porte-parole du gouvernement birman, la commission d'enquête "indépendante" birmane n'a pas fini son travail à propos des événements survenus dans l'Etat de Rakhine. Cette enquête a commencé la semaine passée mais est considérée par les experts en matière de droits de l'Homme comme une façon de camoufler les événements. La Birmanie avait rejeté l'an dernier une motion du conseil des droits de l'Homme de l'ONU demandant une enquête sur la situation des Rohingyas. Les experts des Nations Unies n'avaient pas non plus pu pénétrer dans le pays. Selon un rapport publié lundi par la mission onusienne, qui a été créée par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU en mars 2017, "il existe suffisamment d'informations pour justifier (...) la poursuite des hauts responsables de la chaîne de commandement" de l'armée birmane. Entre août et décembre 2017, plus de 700.000 musulmans rohingyas ont fui la Birmanie, majoritairement bouddhiste, après une offensive de l'armée birmane lancée en représailles d'attaques de postes-frontières par des rebelles rohingyas. Ils ont trouvé refuge au Bangladesh où ils vivent depuis dans d'immenses campements de fortune. Les informations recueillies par la mission de l'ONU suggèrent que l'estimation de 10.000 morts, un chiffre de Médecins sans frontières (MSF), est "prudente". Entre-temps, le régime a entamé des négociations avec Facebook dans le but de réactiver les dizaines de comptes fermés lundi par le réseau social, en réaction au rapport des Nations Unies. La page Facebook du chef de l'armée birmane a notamment été fermée pour "violations des droits de l'Homme". (Belga)

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