La CIA et d'autres agences américaines poursuivies pour "censure" par d'ex-employés

La CIA et d'autres agences américaines poursuivies pour
La CIA et d'autres agences américaines sont poursuivies par d'anciens employés qui les accusent de "censure"Brendan Smialowski

Plusieurs agences américaines du renseignement et de la défense, dont la CIA, sont poursuivies par d'anciens employés désireux de partager leurs expériences avec le public et qui se disent soumis à une "censure" illégale.

Cinq anciens agents, dont un expert en cybersécurité ou une ex-Marine engagée dans la dénonciation des violences sexuelles dans l'armée, ont déposé plainte mardi devant un tribunal fédéral du Maryland au nom de la liberté d'expression.

"Des millions d'anciens employés d'agences du renseignement ou de l'armée sont exposés à des sanctions s'ils parlent ou écrivent au sujet de leurs années de service sans obtenir au préalable l'accord du gouvernement", rappellent-ils dans leur plainte.

Tout en reconnaissant que les autorités ont "un intérêt légitime à protéger les secrets de sécurité nationale", ils estiment que le régime actuel est "vague, trop large" et qu'il aboutit souvent à des décisions "arbitraires et non expliquées".

Mark Fallon, l'un des plaignants qui a travaillé jusqu'en 2010 pour le bureau d'investigation criminelle de l'US Navy (NCIS), a dû attendre dix mois pour obtenir le feu vert à la publication d'un livre sur l'usage de la torture sous la présidence de George W. Bush, à condition de retirer 113 passages.

A ses yeux, "ces coupes étaient arbitraires et incohérentes" puisqu'elles ne portaient pas sur des informations confidentielles et "semblaient parfois justifiées par un désir de protéger la CIA de toute gêne", selon le document judiciaire.

D'après les plaignants, le système d'autorisation préalable n'a cessé de s'étendre au cours des années, si bien que la CIA examinait un millier de pages au début des années 1980 et 150.000 en 2014.

Les plaignants, soutenus par la puissante association de défense des droits civiques ACLU et par l'Institut Knight pour la liberté d'expression, demandent au tribunal de déclarer ce système contraire à la Constitution.

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