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Attentats de l'Aude: derniers hommages et obsèques des victimes

Attentats de l'Aude: derniers hommages et obsèques des victimes
Le président Emmanuel Macron se recueille devant le cercueil du colonel Arnaud Beltrame lors d'un hommage national dans la cour des Invalides, le 28 mars 2018 à Parisludovic MARIN

Les derniers hommages et les obsèques des quatre personnes tuées par le jihadiste Radouane Lakdim ont lieu jeudi à Carcassonne et Trèbes, près d'une semaine après les attentats de l'Aude et le "sacrifice" d'un officier de gendarmerie qui ont bouversé la France.

Edouard Philippe, accompagné des ministres de l'Intérieur Gérard Collomb et de la Justice Nicole Belloubet, assistera aux cérémonies de Trèbes, au lendemain de l'hommage national rendu mercredi à Paris au colonel Arnaud Beltrame, qui a donné sa vie pour sauver une otage et incarne, selon les mots du président Emmanuel Macron, "l'esprit français de résistance".

A Trèbes, petite ville paisible à une dizaine de kilomètres de la cité médiévale de Carcassonne, un hommage aux victimes civiles sera rendu à 09h30 avec salut au drapeau, Marseillaise, dépose de fleurs et minute de silence.

Premier à être tombé sous les balles de Lakdim, Jean Mazières, 61 ans, viticulteur à la retraite. Le petit délinquant radicalisé l'a abattu dans une voiture stationnée sur un terrain boisé de Carcassonne peu avant 10h00.

Le conducteur, de nationalité portugaise, a été atteint d'une balle dans la tête. Il est toujours dans un état grave.

Le tueur de 25 ans, qui se revendique du groupe Etat islamique, s'est ensuite rendu au Super U de Trèbes et a tué immédiatement près des caisses un employé, Christian Medves, 50 ans, chef boucher d'origine italienne, père de deux filles, bon vivant et sportif accompli, ainsi qu'un client, Hervé Sosna, 65 ans, maçon à la retraite.

Après l'hommage de Trèbes, les deux ministres, cette fois sans le Premier ministre, se rendront à Carcassonne pour visiter l'Espace d'information et d'accompagnement des victimes à 10h15 puis assisteront à 11h00 à la messe des obsèques du colonel Arnaud Beltrame à la cathédrale Saint-Michel.

Agé de 44 ans, marié sans enfant, le colonel Beltrame, s'était substitué à une otage dans le supermarché, laissant son téléphone ouvert pour aider les forces de l'ordre. Il a été mortellement blessé au cou par Lakdim, abattu lors de l'assaut du GIGN.

- "Grandeur" -

"Sa grandeur a sidéré la France", a déclaré mercredi aux Invalides Emmanuel Macron devant le cercueil du gendarme recouvert d'un drapeau français, en présence de plus de 1.200 invités et du gouvernement au complet. Ses obsèques seront célébrées dans l'après-midi à Ferrals, dans les Corbières, où il résidait.

Jeudi après-midi, la garde des Sceaux se rendra enfin au tribunal de grande instance de Carcassonne pour rencontrer, lors d'une visite hors presse, les magistrats, notamment l'avocat général référent radicalisation et les représentants de l'association locale d'aide aux victimes. Elle fera un point de presse à 17h30.

Sur le plan politique, la droite et l'extrême-droite se sont déchaînées contre le gouvernement depuis les attentats, l'accusant de "naïveté" face à la menace islamiste. Des accusations rejetées en bloc par le Premier ministre Edouard Philippe.

Concernant l'enquête, la compagne du tueur, Marine P., une convertie de 18 ans, également radicalisée, a été mise en examen mardi soir pour "association de malfaiteurs terroristes en vue de préparer des crimes d'atteintes aux personnes" et incarcérée provisoirement.

Les enquêteurs ont en revanche libéré un jeune de 17 ans, présenté comme un ami de Lakdim, faute "d'élément l'incriminant à ce stade".

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