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La Ligue mondiale de rugby "va tuer" la Coupe du monde, prévient Henry

La Ligue mondiale de rugby
L'ancien sélectionneur des All Blacks Graham Henry en conférence de presse, le 30 mai 2012 à Buenos AiresDANIEL GARCIA
sport

Le projet de Ligue mondiale "va tuer" la Coupe du monde de rugby, a prévenu vendredi l'ancien sélectionneur des All Blacks Graham Henry, alors que l'Australie et la Nouvelle-Zélande se défendent de vouloir exclure les îles du Pacifique, talentueuses mais sans argent, de la future compétition.

"Les joueurs n'en veulent pas, ils jouent déjà trop comme ça", a expliqué le sélectionneur des champions du monde 2011 à la chaîne TV3 à propos des desseins de World Rugby. "Ca va tuer la Coupe du monde: vous allez avoir une sorte de mini-Mondial tous les deux ans, les gens vont arrêter de s'y intéresser", a-t-il ajouté.

Le quotidien The New Zealand Herald a révélé jeudi que l'instance dirigeante du rugby mondial travaillait sur une Ligue mondiale, qui serait lancée dès 2020 avec 12 pays: ceux qui participent au Tournoi des six nations, ceux de l'actuel Rugby Championship (la compétition entre les quatre grandes nations de l'hémisphère sud), auxquels s'ajouteraient le Japon et les Etats-Unis.

Toutes ces équipes se rencontreraient au moins une fois dans l'année et les quatre meilleures se retrouveraient ensuite en demi-finales avant une grande finale, sur le modèle de la Ligue des nations de football créée récemment par l'UEFA.

Un tel système exclurait pour une durée d'au moins 10 ans les nations du Pacifique (Fidji, Samoa, Tonga) qui fourmillent de joueurs de talent mais survivent avec des moyens financiers limités.

- Australie et Nouvelle-Zélande dans l'embarras -

Ces révélations ont mis dans l'embarras l'Australie et la Nouvelle-Zélande, qui profitent depuis des années de l'influx de joueurs venus de ces pays voisins.

"Le modèle du tournoi doit offrir aux pays des îles du Pacifique et aux autres pays en développement la possibilité de continuer à se développer et à concurrencer les pays de niveau 1", a expliqué Raelene Castle, directrice générale de la Fédération australienne, qui a assuré soutenir le projet mais a insisté qu'aucun format n'avait encore été décidé.

Même son de cloche, officiellement, du côté de la Nouvelle-Zélande: "N'importe quelle nouvelle compétition doit être accessible aux pays en développement, y compris nos voisins du Pacifique", a déclaré son directeur exécutif Steve Tew selon lequel il en va de "l'intégrité" de la compétition.

L'exclusion des Fidji, Tonga et Samoa d'une Ligue mondiale fermée aurait "un impact énorme" sur le développement du rugby dans ces archipels, a affirmé de son côté le patron du syndicat Pacific Rugby Players, Aayden Clarke. "On va avoir des joueurs qui ne vont pas participer aux Tests pour signer des contrats de trois ou quatre ans avec des club en France ou au Royaume-Uni."

Selon The New Zealand Herald, un diffuseur, dont le nom n'a pas été dévoilé, a présenté une offre comprise entre 6 et 8,5 millions d'euros par an et par fédération participante.

Forcé de réagir, World Rugby a publié un communiqué stipulant que "le nombre de matches joués et le développement des nations émergentes sont au coeur" des discussions sur la future compétition internationale.

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