La Méditerranée "plus mortelle que jamais" pour les migrants (HCR)

La Méditerranée
Des migrants attendent de débarquer à Algésiras le 1er août 2018, alors que les arrivées sur les côtes espagnoles ont bondi de 130% sur les sept premiers mois de l'année par rapport à la même périodeJORGE GUERRERO

La mer Méditerranée a été "plus mortelle que jamais" pour les migrants au cours des premiers mois de 2018, plus de 1.600 personnes ayant trouvé la mort depuis le début de l'année, selon un rapport du HCR publié lundi.

Entre janvier et juillet 2018, "plus de 1.600 personnes sont mortes ou ont disparu en essayant d'atteindre l'Europe", explique le Haut-commissariat aux réfugiés de l'ONU, dans un communiqué.

"Alors que le nombre total de personnes arrivant en Europe a chuté (-41%), le taux de mortalité a rapidement augmenté", souligne le rapport de l'organisation, intitulé "Voyages désespérés", affirmant qu'entre janvier et juillet, "une personne sur 18" tentant la traversée par la Méditerranée centrale meurt ou disparaît en mer, tandis que c'était "une personne sur 42 au cours de la même période de 2017".

"Ce rapport confirme une nouvelle fois que la Méditerranée est l'un des passages maritimes les plus meurtriers au monde", a affirmé Pascale Moreau, directrice du bureau du HCR pour l'Europe, citée dans le communiqué.

"Avec la baisse du nombre de personnes arrivant sur les côtes européennes, la question n'est plus de savoir si l'Europe peut gérer le chiffre des arrivées mais plutôt de voir si elle peut trouver l'humanité pour sauver des vies", a-t-elle ajouté.

Par ailleurs, au cours de 2018, les routes empruntées par les migrants en Méditerranée ont changé. Les arrivées sur les côtes espagnoles ont ainsi bondi sur les sept premiers mois de l'année de 130% par rapport à la même période de 2017 (27.600 personnes contre 12.100 sur janvier-juillet 2017).

Dans le même temps, les arrivées en Italie ont chuté de 81% sur la même période (18.500 contre 95.200) tandis que la route passant par la Grèce a connu une augmentation du nombre d'arrivées (+88%, 26.000 contre 13.800).

Sur la route espagnole, en 2018, 75% des migrants sont des hommes (10% sont des femmes, le reste étant des enfants) dont les pays d'origine les plus représentés sont la Guinée (3.100), le Maroc (2.600), le Mali (2.200), la Côte d'Ivoire (1.200) et la Syrie (1.000).

Sur la route italienne, 71% sont des hommes (10% des femmes) dont les pays d'origine les plus représentés sont la Tunisie (3.300), l'Erythrée (2.900), le Soudan (1.600), le Nigeria (1.250) et la Côte d'Ivoire (1.000).

Enfin, sur la route grecque, 40% sont des hommes, 36% sont enfants et 24% des femmes, dont les pays d'origine les plus représentés sont la Syrie (5.750), l'Irak (3.450), l'Afghanistan (2.450), la République démocratique du Congo (800) et la Palestine (600).

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