En ce moment
 

La Russie et l'Ouzbékistan scellent leurs liens dans tous les domaines

La Russie et l'Ouzbékistan scellent leurs liens dans tous les domaines
Le président russe, Vladimir Poutine (à gauche) serre la main de son homologue ouzbek Chavkat Mirzioïev lors d'une rencontre à Tachkent le 19 octobre 2018. Alexey NIKOLSKY
Russie

La Russie et l'Ouzbékistan ont annoncé vendredi un renforcement de leurs liens dans de nombreux domaines, à l'occasion d'une visite du président Vladimir Poutine dans ce pays d'Asie centrale, deux ans après la mort de son autoritaire dirigeant Islam Karimov.

L'économie, les hydrocarbures, l'industrie textile, la culture, la santé, les sciences, l'éducation et les programmes spatiaux feront l'objet d'une coopération renforcée, ont décidé M. Poutine et son homologue ouzbek Chavkat Mirzioïev à l'issue de pourparlers à Tachkent.

"Les relations entre nos deux pays ont été portées à un niveau complètement nouveau et inédit", s'est félicité M. Mirzioïev lors d'une déclaration devant la presse, aux côtés de son homologue russe.

"Nous apprécions beaucoup et nous tenons vraiment à nos relations stables et de confiance avec la Russie, notre partenaire stratégique et notre allié", a-t-il renchéri plus tard, lors d'un discours devant des hommes d'affaires russes et ouzbeks.

"Nous allons mettre en oeuvre tout ce que nous nous sommes engagés à réaliser", a souligné pour sa part M. Poutine.

Les deux dirigeants, qui ont affiché une entente prononcée lors de leur apparition devant la presse, ont également échangé des amabilités, M. Mirzioïev faisant l'éloge d'une "politique sage" de Vladimir Poutine et de ses "immenses efforts personnels visant à renforcer les relations" avec Tachkent.

Le président russe a de son côté estimé que "la situation en Ouzbékistan change de manière rapide et profonde et que l'on y procède à des réformes (...) nécessaires pour l'économie et le peuple ouzbeks".

- Centrale nucléaire -

M. Mirzioïev a engagé depuis son arrivée au pouvoir il y a deux ans d'importantes réformes économiques et politiques, en donnant des signes d'assouplissement du régime. Il cherche notamment à attirer en Ouzbékistan les investissements et les touristes étrangers, après des années d'isolement.

Le président russe Vladimir Poutine a été accueilli en grande pompe à Tachkent, la capitale de cette ex-république soviétique.

"Chers amis russes, bienvenue en Ouzbékistan!", pouvait-on lire sur d'immenses panneaux installés dans les rues de la ville, où des drapeaux russes côtoient des drapeaux ouzbeks le long des artères centrales. La dernière visite de Vladimir Poutine en Ouzbékistan remontait à septembre 2016, quelques jours après les obsèques du président ouzbek Islam Karimov.

La Russie a d'ailleurs inauguré jeudi à Moscou un monument à la mémoire de Karimov, qui avait dirigé d'une main de fer ce pays frontalier de l'Afghanistan pendant 25 ans. Un geste très apprécié par M. Mirzioïev, élu à la tête de l'Ouzbékistan en décembre 2016, qui a exprimé à M. Poutine "sa sincère gratitude" à titre personnel et "de la part du peuple ouzbek".

Un forum économique russo-ouzbek de deux jours qui s'est tenu à Tachkent jeudi et vendredi a été marqué par la signature d'accords bilatéraux pour un montant total de 27,1 milliards de dollars, selon le ministère de l’Économie ouzbek.

Un moment fort de la visite, qui s'est déroulée "dans une ambiance amicale et chaleureuse" selon M. Poutine, a été le coup d'envoi par les deux présidents, via vidéoconférence, de la construction de la première centrale nucléaire d'Ouzbékistan, confiée au groupe nucléaire russe Rosatom.

Il s'agit d'une cérémonie hautement symbolique, Rosatom et son partenaire ouzbek devant encore procéder à l'examen de plusieurs terrains considérés comme "prioritaires" afin d'en choisir un pour le chantier.

Cette centrale doit permettre d'assurer "la stabilité énergétique non seulement de l'Ouzbékistan, mais de toute la région", a souligné M. Poutine.

La centrale, qui doit fournir environ 20% de l'électricité consommée dans le pays, a notamment pour objectif de permettre à l'Ouzbékistan d'utiliser moins de gaz et d'en augmenter les exportations.

"C'est une grande honneur pour Rosatom de participer à la mise en oeuvre de cette décision historique", a déclaré le PDG du groupe russe Alexeï Likhatchev par vidéoconférence.

Le projet est estimé à 11 milliards de dollars et le premier réacteur est censé être mis en exploitation en 2028, selon le Kremlin.

Cette centrale sera la première de ce type en Asie centrale, où les sentiments à l'égard de l'énergie nucléaire ont été marqués par la catastrophe de Tchernobyl, en 1986, et les essais d'armes nucléaires dans les steppes du Kazakhstan, voisin de l'Ouzbékistan.

Vos commentaires