La Russie, la Turquie et l'Iran sont devenus les maîtres de la Syrie: l'Europe et les USA sont hors-jeu

La Russie, la Turquie et l'Iran sont devenus les maîtres de la Syrie: l'Europe et les USA sont hors-jeu

La Russie, la Turquie et l'Iran se sont prononcés pour un cessez-le feu durable en Syrie. Une décision commune prise au sommet d'Ankara, qui sert surtout aux trois pays à se partager leur influence dans la région. De leur côté, les Etats-Unis envisagent un retrait de leurs forces en Syrie. Notre journaliste Mathieu Col résume la situation.

Ils sont devenus les nouveaux maîtres de cette partie du monde: la Russie, la Turquie et l'Iran se sont réunis à Ankara, la capitale turque, pour déterminer l'avenir de la Syrie. Ils se sont engagés aujourd'hui à coopérer en vue de parvenir à un cessez-le-feu durable. "La décision conjointe de la Turquie, de la Russie et de l'Iran est d'assurer l'intégrité territoriale et la souveraineté de la Syrie", s'est prononcé Vladimir Poutine, le président russe.

La Russie et l'Iran soutiennent le pouvoir de Bachar al-Assad. La Turquie, elle, est du côté des rebelles (sauf lorsqu'ils sont kurdes…), mais les trois pays gardent des intérêts communs, économiques et politiques. L'enjeu de la rencontre, c'est le partage d'influence sur le territoire syrien, et surtout la zone en jaune, située dans le nord du pays. L'armée turque y est en pleine opération contre les Kurdes.
 
Sur ce front, la Turquie a l'appui de Moscou. Son président Erdogan est déterminé à y régner en maître. "Il est très important d'exclure tous les groupes terroristes qui menacent non seulement la Syrie, mais tous les pays voisins, principalement la Turquie et la région dans son ensemble", a lancé Recep Erdogan.
 
C'est un échange de bons procédés: les Russes soutiennent les Turcs contre les Kurdes. En échange, les Turcs acceptent de ne plus défendre avec autant d'ardeur les rebelles syriens qui combattent Bachar al-Assad.

Dans cette lutte de pouvoir, l'Europe et les États-Unis sont hors-jeu. Donald Trump a d'ailleurs affirmé récemment qu'il souhaitait retirer ses troupes de la région.

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