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La victoire d'Osaka à l'US Open, une éclaircie dans la grisaille japonaise

La victoire d'Osaka à l'US Open, une éclaircie dans la grisaille japonaise
La Japonais Naomi Osaka pose avec le trophée après sa victoire face à l'Américaine Serena Williams en finale de l'US Open, le 8 septembre 2018 à New YorkJULIAN FINNEY

Le Japon a retrouvé le sourire samedi grâce à la victoire de Naomi Osaka en finale de l'US Open face à la légende du tennis Serena Williams, après un été ponctué de catastrophes naturelles meurtrières dans le pays.

Les félicitations ont afflué et parmi elles, un tweet posté par le Premier ministre japonais Shinzo Abe après la rencontre new-yorkaise remportée 6-2, 6-4 par la jeune joueuse de 20 ans.

"Toutes mes félicitations pour votre victoire à l'US Open. Premier Japonais à remporter un titre du Grand Chelem. Merci de donner force et inspiration à tout le Japon", a tweeté le dirigeant.

Au même moment, M. Abe était en train de se rendre sur l'île d'Hokkaido où un important séisme a provoqué des glissements de terrain la semaine dernière, ensevelissant les maisons d'une petite ville et causant la mort d'au moins 35 personnes.

Tetsuo Osaka, le grand-père de la championne qui habite lui-même à Hokkaido, était très ému après la victoire de sa petite fille: "Je n'arrive toujours pas à y croire. Lorsqu'elle a gagné, on s'est serrés dans nos bras avec ma femme. J'étais tellement heureux, j'ai pleuré," a-t-il raconté à la télévision publique NHK.

Naomi Osaka a réalisé "une performance faite de ténacité et de patience... Cela à dû être encourageant pour les Japonais victimes des typhons et des séismes", a dit aux médias japonais Tsuyoshi Fukui, ancien joueur devenu dirigeant de la Fédération japonaise de tennis.

La chaîne NHK a stoppé sa couverture en continu, 24 heures sur 24, des catastrophes naturelles pour diffuser l'heureuse nouvelle. Le bandeau de titre affichait: "Osaka remporte l'US Open Dames, première Japonaise à gagner un tournoi du Grand Chelem".

Le quotidien nippon Asahi Shimbun a lui annoncé sur Twitter qu'une édition spéciale allait être imprimée et distribuée dans les rues de Tokyo.

- "La fierté du Japon" -

Osaka bénéficie de la double nationalité nippo-américaine. Il lui arrive parfois de répondre en anglais aux questions des journalistes nippons, tout en s'excusant de ne pas trouver le mot juste en japonais.

A la question de savoir si elle est prête à l'accueil qui va être réservé à la première japonaise vainqueur d'un Grand Chelem, Osaka répond: "Il semblerait que non, je ne suis pas prête, parce que tout le monde me pose cette question".

Le Japon est un pays encore très homogène où les enfants issus de métissages peuvent être discriminés, bien que les choses évoluent, surtout parmi les jeunes générations.

Sur les réseaux sociaux, les fans ne s'y sont pas trompés, clamant haut et fort que la championne était l'une des leurs: "L'interview qu'elle a donnée montre clairement qu'elle est Japonaise, peu importe où elle est née, où elle a grandi, la couleur de sa peau et la langue qu'elle parle", affirmait ainsi un utilisateur de Twitter.

Un autre commentaire disait: "Tu es la fierté du Japon".

Son compatriote et star du tennis japonais Kei Nishikori a inondé Twitter d'émoticônes symbolisant des trophées, des pouces vers le haut et des drapeaux japonais, suivi d'un tweet tout en sobriété exprimant sa "fierté", accompagné d'un drapeau japonais.

Après avoir empoché la somme de 3,29 millions d'euros destinée au vainqueur de l'US Open, Osaka a affirmé que son prochain objectif était clair: gagner son prochain tournoi, qui va justement se disputer... la semaine prochaine à Tokyo.

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