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Le braqueur Redoine Faïd arrêté dans l'Oise après trois mois de cavale

La cavale du roi de la belle aura duré trois mois et s'est achevée à 100 km de la prison dont il s'est évadé en hélicoptère: le braqueur Redoine Faïd, qui se cachait sous une burqa, a été arrêté mercredi avant l'aube à Creil (Oise), ville où il a grandi.

Son interpellation survient en pleine crise au ministère de l'Intérieur, géré par intérim depuis mercredi par le Premier ministre dans l'attente de la nomination du successeur de Gérard Collomb.

Emmanuel Macron a rendu hommage aux "forces de l'ordre (…) pour l'excellence de leur travail, dont vous avez vu qu'il ne s'arrête jamais, même dans la nuit, même dans cette période", a-t-il dit en marge d'une visite au Mondial de l'Auto.

Redoine Faïd, 46 ans, a été arrêté vers 4H00, sans incidents selon les autorités, dans un grand appartement situé au quatrième étage d'un petit immeuble d'un quartier HLM.

Six autres personnes ont été interpellées, dont trois avec lui dans l'appartement où deux armes à feu, des perruques et un téléphone portable ont été retrouvés, a indiqué lors d'un point presse le procureur de Paris François Molins. Il s'agit, a-t-il précisé, de l'un de ses frères, Rachid Faïd, un de ses neveux et une jeune femme. Un autre neveu, et deux autres complices ont aussi été interpellés en région parisienne.

Visés par des mandats d'arrêt, Redoine Faïd, son frère et ses neveux ont été placés en rétention et devaient être présentés dans l'après-midi à un juge d'instruction en vue de leur mise en examen, selon M. Molins. Les trois autres suspects ont été placés en garde à vue.

Ces arrestations ont été saluées par Édouard Philippe, qui s'est rendu dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre pour féliciter les équipes de l'opération menée par les policiers de la Brigade de recherches et d'intervention (BRI) et de l'Office central de lutte contre le crime organisé.

Redoine Faïd avait été condamné en avril à 25 ans de prison pour son rôle d'"organisateur" dans un braquage raté en 2010, qui avait coûté la vie à une policière municipale.

Selon le procureur de Paris, les enquêteurs avaient identifié une jeune femme comme étant une des complices de M. Faïd. Dans la nuit du 29 au 30 septembre, elle avait pris "à bord de son véhicule une personne vêtue d'une burqa dont l'allure laissait supposer qu'il pouvait s'agir d'un homme".

"Le 2 octobre vers 22H30 (...), les enquêteurs ont vu l'individu vêtu d'une burqa sortir du véhicule (...) et entrer au domicile de la jeune femme" à Creil, a raconté le magistrat, ajoutant que peu après un second individu lui aussi vêtu d'une burqa les avait rejoints. "C'est dans ce contexte que les opérations ont été accélérées et que les enquêteurs ont interpellé cette nuit, donc à 4H20, Redoine Faïd", a-t-il poursuivi.

Vers 03H00 du matin, "j'ai entendu du boucan", a raconté à l'AFP Alliou Diallo, un habitant du rez-de-chaussée. "J'ai vu une centaine de policiers cagoulés. J'ai compris que c'était Redoine qu'ils cherchaient. Ils sont restés jusqu'à 6H30".

"Les policiers se sont trompés d'appartement. Ils ont cassé la porte de mon grand-père qui a 86 ans, c'est honteux! Il est très choqué", a pour sa part raconté Farah Ziane, dont le grand-père habite lui aussi au rez-de-chaussée.

- "Dysfonctionnements" -

Le 1er juillet, en quelques minutes, Redoine Faïd s'était évadé du centre pénitentiaire de Réau, près de Melun, aidé par un commando armé qui avait auparavant pris en otage un pilote d'hélicoptère.

Le dernier véhicule connu à bord duquel le fuyard pourrait avoir pris place avait été retrouvé dans le nord de la région parisienne.

Le 10 juillet, les enquêteurs avaient mis la main au nord de Paris sur un sac contenant notamment des armes, des cagoules et une disqueuse qu'ils soupçonnent d'avoir appartenu au commando.

Puis le 24 juillet, Redoine Faïd avait échappé de peu aux forces de l'ordre, dans le Val-d'Oise, après une course-poursuite.

Le 5 septembre, des perquisitions avaient été menées, notamment dans l'Oise.

Sous le feu des critiques de l'opposition, la Garde des Sceaux Nicole Belloubet avait reconnu fin juillet "une série de dysfonctionnements" à la prison de Réau.

L'Administration pénitentiaire avait été critiquée pour avoir tardé à transférer Faïd comme l'avait demandé la Direction interrégionale d'Ile-de-France, notant une "menace sérieuse".

Faïd s'était déjà évadé le 13 avril 2013 de la prison de Lille-Sequedin, en prenant quatre surveillants en otages. Il avait été repris six semaines plus tard en région parisienne.

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