Le Brésil doit maintenir son taux directeur à 6,5% malgré la hausse du dollar

Le Brésil doit maintenir son taux directeur à 6,5% malgré la hausse du dollar
El presidente del Banco Central de Brasil (BCB), Ilan Goldfajn y el ministro de Hacienda, Henrique Meirelles (D), el 28 de febrero de 2018 en la sede del BCB en BrasiliaEVARISTO SA

La Banque centrale du Brésil (BCB) devrait maintenir mercredi son taux directeur à 6,5%, considérant que la forte dépréciation du réal face au dollar n'a pas eu de véritable impact sur l'inflation.

"La politique monétaire est fixée selon l'évolution de l'inflation (...) et ne sera pas utilisée pour contrôler le taux de change", a affirmé au début du mois Ilan Goldfajn, président de la BCB, pour dissiper des rumeurs de relèvement du taux.

Principal outil de lutte contre l'inflation, le taux directeur se situe à son plancher historique depuis le mois de mars, mais la BCB a mis un terme à 12 baisses consécutives il y a un mois, contre les attentes du marché.

La Banque centrale avait justifié sa décision par la "volatilité" de l'économie mondiale et le ralentissement des réformes d'austérité jugées indispensables pour réduire un déficit public abyssal.

Depuis, la situation s'est aggravée, la hausse des taux aux Etats-Unis et la guerre commerciale entre Washington et Pékin ayant amené les investisseurs à chercher des placements plus sûrs, au détriment des marchés émergents.

Début juin, le dollar était coté au plus haut au Brésil depuis deux ans, frôlant les 4 réais.

La BCB a tenté d'intervenir pour contenir cette hausse en vendant 24,5 milliards de dollars pris sur ses réserves de change la semaine dernière, auxquels devraient s'ajouter 10 milliards cette semaine.

M. Goldfajn a fait valoir que la première économie latino-américaine possèdait des fondamentaux "solides", avec une inflation maîtrisée et des actifs de réserve qui s'élèvent à 380 milliards de dollars.

L'économie brésilienne, qui se remet très lentement d'une récession historique en 2015-2016, a été presque mise à genou par une grève de neuf jours des transporteurs routiers réclamant une baisse des prix du gazole. Cette grève, qui a paralysé le pays, a fait perdre des milliards de réais au Brésil.

Les prévisions de croissance pour 2018, qui avoisinaient les 3% en début d'année, ont été réduites presque de moitié (1,76%) par les analystes consultés lors de la dernière enquête Focus de la BCB.

Pour ce qui est de l'inflation, le marché table sur 3,88% cette année, contre 2,95% en 2017. Avant la grève des transporteurs routiers, ces prévisions s'élevaient à 3,45%. Mais ce taux reste sous l'objectif de 4,5% fixé par le gouvernement, avec un plancher à 3%.

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