Le chef du CICR plaide pour la "réconciliation" dans l'Irak post-EI

Le chef du CICR plaide pour la
Peter Maurer, le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) lors d'une conférence de presse à Bagdad le 7 mars 2018AHMAD AL-RUBAYE

Le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a mis mercredi en garde contre le "ressentiment" que créait selon lui l'incertitude des familles de détenus suspectés d'appartenir au groupe Etat islamique (EI) en Irak.

"Il y a des sentiments forts parmi ces familles qui n'ont pas accès à leurs frères, leurs pères, leurs maris", a assuré Peter Maurer à l'issue d'une visite dans la province d'Al-Anbar, bastion sunnite de l'ouest désertique irakien.

Ces familles, a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse à Bagdad, "s'inquiètent de savoir où ils sont détenus, par qui et quel est l'avenir de celui qui pourvoyait aux besoins de la famille".

Il a ensuite mis en garde contre tout "ressentiment" pour le processus de "réconciliation" dans le pays, majoritairement chiite, qui a déclaré en décembre la "victoire" sur le groupe extrémiste sunnite EI.

Le nombre de personnes emprisonnées en Irak pour appartenance présumée à l'EI s'élève à 20.000, selon des chercheurs, mais les autorités irakiennes n'ont jamais indiqué officiellement le nombre de prisonniers.

"Il y des familles de combattants (...) qui sont privées de mouvement et se trouvent dans des camps", a-t-il encore expliqué, alors que des centaines de femmes et d'enfants, Irakiens et étrangers, sont retenus en Irak. "La question des combattants étrangers est particulièrement complexe et le CICR a pu porter assistance à leurs familles dans le besoin".

Moins d'un mois après que les alliés de l'Irak se sont engagés à Koweït à mobiliser 30 milliards de dollars pour reconstruire le pays, M. Maurer a affirmé qu'il y avait "encore de nombreux besoins humanitaires", rappelant que l'Irak restait le second théâtre d'opération le plus important du CICR, derrière la Syrie en guerre.

"C'est un moment critique pour l'Irak (...) les humanitaires ne sont pas là pour régler les questions politiques, elles doivent l'être par les autorités politiques du pays (...) et cela est aussi vrai pour la réconciliation", a-t-il encore dit.

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