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Le chômage continue sa lente décrue au troisième trimestre

Le chômage continue sa lente décrue au troisième trimestre
Pôle emploi publie vendredi à midi le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à l'agence au troisième trimestre, les dernières statistiques avant l'entrée en vigueur de la réforme controversée de l'inPASCAL GUYOT

Le nombre de chômeurs a continué de légèrement diminuer au troisième trimestre (-0,4%), selon des chiffres publiés vendredi par Pôle emploi, les derniers avant l'entrée en vigueur de la réforme controversée de l'indemnisation du chômage au 1er novembre.

La France comptait en moyenne entre juillet et septembre 3,617 millions de personnes inscrites en catégorie A (3,364 millions en métropole), soit 15.800 de moins qu'au trimestre précédent, où la baisse était quasi identique. Sur un an, le recul est de 2,4%.

Le nombre de demandeurs d'emploi avec ou sans activité (A, B et C) a baissé un peu plus fortement, de 0,9%, à 5,836 millions (-52.100). Sur un an, le recul est de 2%. La baisse est surtout marquée pour les demandeurs d'emploi en catégorie C (ayant travaillé plus de 78 heures par mois) avec un recul de 2,4% (-0,4% sur un an).

Point noir de ce trimestre, le chômage progresse de 0,7% chez les moins de 25 ans (-0,9% sur un an). Si les inscrits (A, B et C) depuis plus d'un an sont en baisse de 0,8%, ils restent quand même encore 2,628 millions.

En dépit de la détérioration de l'environnement économique européen et international (tensions commerciales sino-américaines, Brexit, etc.), la tendance à une baisse lente mais continue du chômage se poursuit donc grâce au dynamisme du marché de l'emploi.

Après une stagnation au deuxième trimestre, les déclarations d'embauches de plus d'un mois sont en effet reparties nettement à la hausse (+2,3%), portées par les CDI (+3%), selon l'Acoss (la "banque de la Sécu").

Dans son dernier point de conjoncture début octobre, l'Insee tablait sur plus de 260.000 créations nettes d'emploi pour 2019 dans le cadre d'une croissance française qui résiste un peu mieux que ses voisins à 1,3%.

Cela devrait conduire à ramener le taux de chômage à 8,3% de la population active à la fin de l'année, contre 8,5% à la fin juin.

Ce rythme suffira-t-il à atteindre l'objectif d'un taux de 7% à la fin du quinquennat? Muriel Pénicaud a jugé mardi que cela restait "un horizon possible" si "les conditions macroéconomiques mondiales, européennes n'amènent pas la récession en Europe et en France".

- Durcissement des règles d'indemnisation -

Pour y arriver, la ministre du Travail compte aussi sur sa réforme de l'assurance-chômage, dont le premier volet sur l'accès à l'indemnisation entre en vigueur au 1er novembre

La réforme, très critiquée par les syndicats qui y voient comme Laurent Berger (CFDT) "un système d'accroissement de la pauvreté", modifie en particulier la durée minimale de travail exigée pour ouvrir des droits.

A partir du 1er novembre, il faudra avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois au lieu de quatre mois sur les 28 derniers. Le seuil permettant un rechargement des droits sera également de six mois contre un aujourd'hui.

Selon l'Unedic, cela pourrait avoir un impact conséquent sur le nombre de demandeurs d'emploi indemnisés, en particulier chez les jeunes qui ont des droits plus courts avec des salaires de référence plus faibles.

Au cours de la première année de la réforme, 200.000 personnes n'ouvriraient ainsi plus de droit (ce qui ne les empêche pas de s'inscrire à Pôle emploi, mais elles ne seront pas indemnisables comme 30% actuellement déjà des inscrits) car elles n'atteindront pas les six mois nécessaires, 210.000 ouvriraient un droit, mais pour plus tard (avec un retard de 5 mois en moyenne) et 300.000 verraient leur durée d'indemnisation un peu diminuer.

"Quand le marché est dynamique, il faut retourner à l'emploi. Il y a 700.000 offres d'emploi, là, disponibles tout de suite" à Pôle emploi, a justifié Muriel Pénicaud. "Même avec six mois, on est un des pays les plus généreux d'Europe", a-t-elle insisté.

La ministre met l'accent sur l'ouverture du droit à l'indemnisation pour les salariés démissionnaires ayant un projet de reconversion et les travailleurs indépendants en liquidation judiciaire. Mais les conditions sont très encadrées et les prévisions sont de moindre ampleur: pas plus de 30.000 personnes par an dans les deux cas.

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