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Le concert de haute voltige et millimétré de Pink à Paris

Survoltée, la chanteuse américaine de pop Pink a mené un concert de deux heures, mercredi, sur la scène de la Paris Defense Arena, entrecoupé de performances aussi physiques qu'aériennes.

Le ton est donné d'emblée pour cette seule représentation en France de la chanteuse étoilée sur le célèbre Walk of Fame d'Hollywood: Pink arrive sur scène suspendue à un lustre rose à quelques mètres du sol, pendant que ses danseurs s'active sur la première chorégraphie de "Get The Party Started", que la fête commence.

La star a habitué ses fans à des performances dignes d'un spectacle de cirque sur scène: sur une balançoire en chantant "Sober", dans un drap aux Grammy Awards de 2010 ou encore aux Brit Awards 2019 où elle était entrée sur scène sur un cerceau à une dizaine de mètres de haut.

Dans son Beautiful Trauma World Tour, sa tournée mondiale de 157 dates débutée en 2018, l'auteure compositrice et interprète s'envole à plusieurs reprises dans les airs, comme sur "Hustle" (chanson de son dernier album "Hurts 2B human"), où elle est portée par un acrobate, en équilibre dans la boucle d'un drap ou gaînée à l'horizontale.

Mais le meilleur est pour la fin. Un arceau autour de sa taille accroché aux quatre coins de la salle par des câbles la soulève et la fait voltiger au-dessus du public! Ainsi, pendant "So What", la voit-on voler partout, faire mine de plonger dans la foule, virevolter sur elle-même dans les trois dimensions, le tout en chantant.

Le spectacle est millimétré, rodé après une centaine de représentations, le public de 40.000 personnes le sent et peine à s'enflammer au démarrage, au-delà des seuls abords de la scène.

- Intermèdes engagés -

L'ambiance change quand l'artiste de 39 ans s'assoit au bout de l'avancée de scène, accompagnée d'un seul guitariste, Justin pour les intimes, pour deux chansons en acoustique.

Le proche public se met à chanter "La vie en rose" d'Edith Piaf, pour une raison inaudible depuis les gradins. "Je vous entends, wow vous êtes formidables", répond Pink en anglais.

Lorsque devant elle, un fan absolu brandit un dessin des deux enfants de la chanteuse, âgés de 2 et 8 ans, elle s'émeut: "Oh c'est vraiment toi qui a fait ça? Incroyable ça leur ressemble vraiment, tu es un artiste".

La foule entière se déchaîne enfin sur "I am here", qui figure parmi ses chansons récentes, "Can we pretend", qui conquiert le public même avec ses notes d'électro commercial loin du pop-rock habituel, ou encore "F**kin'perfect" et "Raise your glass", tubes de 2010.

Les changements de tenues sont évidemment de rigueur pour ce show à l'américaine, les feux d'artifice ne sont pas oubliés, mais l'artiste profite du temps de latence, dû aux passages en coulisses, pour passer des messages engagés: droit des femmes, homophobie, Unicef, ONG dont elle est ambassadrice.

Sa fille, qui se trouvait "moche et trop masculine", lui a inspiré une vidéo entière sur l'acceptation de soi et du regard des autres. La mère de famille lui a préparé un diaporama de tous les artistes androgynes qui ont inspiré des générations: "ne change pas ton apparence, ce sont les autres qui doivent changer et t'accepter".

Quinze concerts sont encore prévus en Europe, dont neuf en Allemagne, avant de retraverser l'Atlantique pour clôturer sa tournée le 2 novembre.

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