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Le juge Kavanaugh, un pilier conservateur proche de George W. Bush

Le juge Kavanaugh, un pilier conservateur proche de George W. Bush
Nommé par Donald Trump à la Cour suprême des Etats-Unis, le juge Brett Kavanaugh est apparu impertubable à son premier jour d'audition de confirmation au Sénat mardi 9 septembre 2018 Brendan Smialowski

Sur le point d'accéder à la Cour suprême des Etats-Unis, Brett Kavanaugh est un magistrat aux valeurs conservatrices solidement ancrées, qui a été conseiller juridique de l'ancien président républicain George W. Bush.

Mardi, à son premier jour d'audition au Sénat --dernière étape avant d'être confirmé comme l'un des neuf sages de la haute cour-- il est apparu concentré et imperturbable, malgré les chahuts dans le public et les demandes de suspension des élus démocrates.

M. Kavanaugh a eu le temps de se préparer à cette épreuve, depuis sa nomination le 9 juillet par le président Trump. Et il n'est pas en terrain inconnu sur la colline du Capitole, où se dressent face-à-face les bâtiments du Congrès et de la Cour suprême.

Il est même né à Washington et il siège depuis une décennie à la cour d'appel, une instance réputée pour l'importance des dossiers qui y passent et donc considérée comme un tremplin pour le temple du droit américain.

"Personne n'est mieux qualifié pour ce poste et personne ne le mérite autant", avait affirmé M. Trump en accueillant à la Maison Blanche M. Kavanaugh.

Celui-ci a commencé sa carrière dans la magistrature comme assistant du juge Anthony Kennedy qui, fin juin, a créé la surprise en annonçant qu'il prenait sa retraite de la Cour suprême.

Près de trois décennies séparent les deux hommes et Brett Kavanaugh est en voie de devenir à 53 ans l'un des plus jeunes membres de l'institution qui veille à la constitutionnalité des lois aux Etats-Unis.

Pas étonnant que cet esprit brillant ait été remarqué par la Federalist Society et l'Heritage Foundation, les organisations qui ont aidé la Maison Blanche à sélectionner les candidats pour la Cour suprême: le juge Kavanaugh a fait preuve d'une constance conservatrice dans ses décisions.

Diplômé de la prestigieuse université Yale, il a notamment rassuré les républicains en se déclarant --il est vrai sur un motif technique-- opposé à la loi Obamacare sur la couverture maladie universelle.

Il s'est fait connaître dans les années 1990 lors de deux scandales de l'ère Bill Clinton.

- Catholique pratiquant -

Il a mené l'enquête sur le suicide de Vince Foster, ami de Clinton et collaborateur de la Maison Blanche, dans l'affaire Whitewater, concernant des investissements dans l'immobilier du couple présidentiel.

Plus tard, M. Kavanaugh a participé à la rédaction du rapport du procureur Kenneth Starr, portant notamment sur la relation extra-conjugale que Bill Clinton avait eue avec une stagiaire, Monica Lewinsky.

Le juriste conservateur a aussi proposé son aide à George W. Bush lors de l'imbroglio du comptage des voix en Floride de la présidentielle de 2000, qui opposait le candidat républicain au démocrate Al Gore.

Puis, tout naturellement, George W. Bush l'a recruté parmi ses collaborateurs directs en prenant ses fonctions en 2001 dans le Bureau ovale.

Plus tard, le président républicain a nommé Brett Kavanaugh à la cour d'appel de Washington. L'épouse du magistrat, Ashley, avec qui il a eu deux filles, a pour sa part officié comme secrétaire personnelle du président.

En 2012, le juge a fait partie d'un panel ayant annulé une mesure de l'EPA, l'agence fédérale de protection de l'environnement, visant à réduire la pollution de l'air entre les Etats.

Récemment, il a exprimé son désaccord avec une décision permettant à une adolescente entrée clandestinement aux Etats-Unis de se faire avorter.

Ce catholique pratiquant est actif dans diverses associations religieuses.

En étant choisi par M. Trump, le juge Kavanaugh a fait mentir ceux qui pensaient que ses liens avec George W. Bush seraient rédhibitoires. Jeb Bush, le frère de l'ex-président, a été la cible répétée de quolibets de M. Trump lors de la primaire républicaine en 2016.

Une autre prise de position juridique du juge Brett Kavanaugh avait fait douter certains de sa nomination.

Il avait dans le passé déclaré que Bill Clinton pourrait être destitué pour avoir menti à ses collaborateurs et avoir induit en erreur le public. Cette définition très large de l'entrave à la justice pourrait, selon des experts, être dommageable à l'actuel président si elle lui était appliquée dans l'enquête sur l'ingérence russe dans la présidentielle.

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