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Le musée de Mossoul, ravagé par l'EI, accueille sa première exposition

Le musée de Mossoul, ravagé par l'EI, accueille sa première exposition
Des Irakiens observent un panneau routier "Bienvenue à Mossoul" exposé au musée de cette ville du nord de l'Irak, le 29 janvier 2019Zaid AL-OBEIDI

Le musée de Mossoul n'a toujours pas rouvert mais c'est un premier pas: mardi, une première exposition a été inaugurée dans le complexe du deuxième musée d'Irak dont le groupe Etat islamique (EI) a méthodiquement détruit les trésors historiques.

Pour la première fois depuis que les jihadistes s'étaient emparés à l'été 2014 de cette ville du nord du pays, les visiteurs, venus en masse, ont pu découvrir des tableaux de plasticiens locaux ou venus d'ailleurs dans l'enceinte du musée de Mossoul.

La salle d'accueil royale, "le plus ancien bâtiment officiel de la ville", a été "entièrement rénovée" et est "utilisée pour la première fois" avec cette exposition, explique à l'AFP l'un des organisateurs de cet événement.

Cette exposition en ce lieu "est la preuve que la guerre n'a pas tué Mossoul et qu'au contraire elle est en pleine renaissance", assure de son côté Houda Hani, une étudiante de 25 ans.

Le musée, un bâtiment de pierre ocre à l'architecture épurée, reste en revanche fermé, "pour des raisons de sécurité", explique à l'AFP Zeid Saadallah, son directeur.

Il faut, dit-il, "protéger ce qui reste" à l'intérieur du bâtiment qui porte encore les stigmates des combats. Ici, des plaques de marbres arrachées de la façade, là des fenêtres percées par des balles.

Dans cet écrin qui renfermait des objets inestimables, l'EI a ravagé à coup de masse et au marteau-piqueur des statues antiques et des trésors pré-islamiques de ce musée, mettant en scène cet acharnement dans une vidéo diffusée en février 2015.

Ils ont notamment réduit à néant deux taureaux ailés assyriens à face humaine de plus de deux mètres de hauteur et plus de quatre tonnes, ainsi qu'un lion ailé de proportions similaires.

Pour tenter de les faire revivre, le musée compte notamment sur les nouvelles technologies, comme l'impression 3D, alors qu'une fondation créée par la France et les Emirats arabes unis, ALIPH, a déjà alloué 480.000 dollars (420.000 euros) pour la phase initiale de restauration du musée de Mossoul.

Après la proclamation en 2014 de son "califat" à cheval sur l'Irak et la Syrie, l'EI a multiplié les destructions massives, ravageant des sites antiques, comme à Nimrod, joyau de l'empire assyrien fondé au XIIIe siècle avant J.-C. et détruit au bulldozer, à la pioche et à l'explosif.

Ailleurs, le groupe s'est lancé dans le trafic d'antiquités pour financer ses activités.

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