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Le n°2 de la liste LFI aux européennes, Manuel Bompard, perquisitionné

Le n°2 de la liste LFI aux européennes, Manuel Bompard, perquisitionné
Manuel Bompard (C), numéro deux de la liste France insoumise aux européennes, lors d'un meeting le 14 janvier 2019 à ParisSTEPHANE DE SAKUTIN

Le numéro deux de la liste France insoumise aux européennes, Manuel Bompard, a été perquisitionné pendant cinq heures à son domicile de Toulouse jeudi matin, dans le cadre de l'enquête sur les comptes de la campagne présidentielle 2017 de Jean-Luc Mélenchon, a-t-il affirmé à l'AFP.

"Cette dérive autoritaire est inquiétante", a commenté M. Bompard, qui était le directeur de campagne de M. Mélenchon.

Les policiers lui ont affirmé agir sur commission rogatoire, dans le cadre de l'enquête sur les comptes de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, a-t-il précisé.

Arrivés à 7h du matin, "cinq policiers ont retourné tout mon appartement" et "pris quinze fichiers sur mon ordinateur", a relaté M. Bompard.

Le bras droit de Jean-Luc Mélenchon a affirmé avoir refusé de signer le procès-verbal des policiers, pour protester contre "la violation du secret de l'enquête" dont témoigne selon lui une enquête de L'Obs parue cette semaine.

Le 16 octobre, des perquisitions simultanées sur 15 sites avaient été menées sous la direction du parquet dans le cadre de cette enquête et d'une autre sur les conditions d'emploi d'assistants d'eurodéputés de la France insoumise.

Celle au siège de la France insoumise, rue de Dunkerque à Paris, s'était déroulée de manière particulièrement houleuse, M. Mélenchon invectivant les policiers et menaçant d'enfoncer la porte du local, sous l’œil des caméras.

Dans le prolongement de ces enquêtes préliminaires, deux informations judiciaires ont été ouvertes le 9 novembre.

- "Ne pas mélanger les choses" -

Sur Twitter, M. Mélenchon a dénoncé jeudi une "insupportable nouvelle perquisition". "L'instrumentalisation de la justice devient le régime ordinaire. Le macronisme n'est plus qu'un autoritarisme", a-t-il fustigé.

"Après Mediapart cette semaine, c'est donc un candidat aux élections européennes qui est perquisitionné. Où s'arrêtera la dérive autoritaire du pouvoir ?", s'est insurgé Manuel Bompard sur le réseau social. Et d'ironiser: "J'informe la police de monsieur Macron. Si vous cherchez le coffre-fort de Monsieur Benalla, il n'est pas chez moi".

Au cours d'une conférence de presse au siège de la France insoumise, M. Mélenchon a enfoncé le clou. "Je proteste contre l'instrumentalisation qui est faite de la justice pour intimider les partis de l'opposition et le groupe La France insoumise en particulier. Je proteste contre le fait que dans cette campagne européenne la justice soit utilisée pour flétrir les candidats. Je proteste contre le fait que le directeur des campagnes de la France insoumise, et numéro deux de la liste des Insoumis aux élections européennes, fasse l'objet d'une humiliation de cette nature", a-t-il dit.

Pour M. Mélenchon, cette perquisition s'inscrit dans un mouvement plus vaste de "criminalisation de l'action politique, syndicale, associative", dont sont aussi victimes selon lui les "gilets jaunes".

S'exprimant à sa suite, le député Alexis Corbière a assuré M. Bompard du plein soutien de la France insoumise. "Quelles que soient les attaques qui lui seront faites je souhaite qu'il continue à être candidat", a-t-il souligné.

Interrogé sur l'article de L'Obs, selon lequel l'enquête judiciaire aurait établi que cinq des vingt collaborateurs européens de M. Mélenchon "n'ont effectué aucune mission européenne pour le député", M. Corbière a assuré que M. Mélenchon veillait comme député européen à "ne pas mélanger les choses".

"Tous ceux qui ont eu l'honneur de travailler auprès de Jean-Luc Mélenchon (comme assistant parlementaire, ndlr) n'ont jamais exercé la moindre responsabilité politique au sein de notre mouvement", a-t-il affirmé.

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