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Le Nigeria libère d'autres membres présumés de Boko Haram

(Belga) Le Nigeria a libéré 51 membres présumés de Boko Haram dans le cadre d'un procès de masse où la majorité des personnes inculpées n'a pu être condamnée faute de preuves suffisantes, a annoncé lundi le ministère de la Justice.

La semaine dernière, des centaines de membres présumés du groupe islamiste ont comparu devant un tribunal dans la base militaire de Kainji, dans l'Etat du Niger (centre). Au total, 526 suspects ont été libérés après que la justice a estimé qu'il n'existait pas de preuves suffisantes de leur culpabilité. 1.669 personnes ont été présentées à la barre à l'ouverture des audiences, en octobre. Un premier groupe de 468 suspects avaient été libérées au bout de quelques jours. Des ONG de défense des droits de l'homme ont assuré qu'il y avait eu des arrestations arbitraires de civils par les militaires nigérians. "Parmi les raisons de la libération des 526 suspects figurent le manque de preuves, l'âge (présence de mineurs) et des personnes souffrant de maladies mentales," a déclaré le porte-parole du ministère de la Justice, Salihu Othman Isah. Un seul suspect, Modu Maina, a été acquitté par le juge, a-t-il ajouté dans un communiqué. "Maina a avoué qu'il avait été initié par la force au sein d'un groupe de Boko Haram et qu'il avait été envoyé à Lagos pour ne pas être arrêté à Bama". Il a affirmé que tous ses aveux avaient été faits sous la torture. Selon M. Isah, "environ 205" suspects ont été reconnus coupables et condamnées a des peine de prison de trois à soixante ans. Les 73 affaires restantes ont dû être renvoyées à la prochaine audience. Le groupe djihadiste mène depuis 2009 une insurrection sanglante dans le nord-est du Nigeria ayant fait plus de 20.000 morts. Les personnes libérées au cours du procès seront prises en charge dans leurs Etats d'origine pour une "réhabilitation appropriée". Le tribunal a aussi ordonné à ces États de leur fournir "une réhabilitation dans un centre approprié" avant qu'ils ne retrouvent leurs familles. "Les personnes atteintes de troubles mentaux ou avec des problèmes de santé doivent également recevoir des soins médicaux appropriés". Une des prévenues libérées, Lubabatu Yakubu, avait par exemple été arrêtée en 2014 à Numan, dans l'Etat d'Adamawa, dans le nord-est, deux jours après son mariage avec un combattant, qui l'avait aussitôt répudiée, puis accusée de complicité avec Boko Haram. (Belga)

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